Sciences

Nanotechnologies : un début de contrôle

A l'occasion de la publication d'un inventaire de produits fabriqués à l'aide des nanotechnologies, les scientifiques britanniques viennent de demander aux industriels de divulguer sans délai les procédures qu'ils utilisent pour tester la sécurité de...

A l'occasion de la publication d'un inventaire de produits fabriqués à l'aide des nanotechnologies, les scientifiques britanniques viennent de demander aux industriels de divulguer sans délai les procédures qu'ils utilisent pour tester la sécurité des produits contenant des nanoparticules. Les nanotechnologies permettent de manipuler la matière à l'échelle de l'atome. Elles suscitent d'énormes espoirs car on pense qu'elles vont nous permettre de fabriquer à grande échelle des ordinateurs encore plus puissants, des substances plus « intelligentes » ou encore des sondes biomédicales ultraminiaturisées. Une ONG américaine a établi il y a quelques semaines une liste de 212 produits de consommation courante issus des nanotechnologies, des ordinateurs portables aux textiles anti-taches, en passant par les crèmes anti-âge. Profitant de la publication de cette liste en Grande-Bretagne, la Royal Society, l'équivalent britannique de l'Académie des sciences, souligne qu'à l'heure actuelle le principal risque associé aux produits nanotechnologiques est la dissémination incontrôlée. Les nanoparticules libres et actives, utilisées notamment dans les cosmétiques, pourraient en effet se révéler dangereuses pour la santé et l'environnement. En raison de ces incertitudes, la Royal Society estime qu'afin de dissiper les inquiétudes des consommateurs, il est indispensable que les industriels rendent rapidement publics les procédés qui leur permettent de garantir la sécurité de leurs « nanoproduits ».

Yaroslav Pigenet

Selon l'inventaire des 212 « nanoproduits » établi par le Woodrow Wilson International Center for Scholars, 125 sont au rayon cosmétique, 30 dans l'électronique, 21 dans les produits ménagers.