Le jeu du bouton-d'or sous le menton et du beurre expliqué par la science

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"T'aimes le beurre !": un jeu enfantin consistant à brandir un bouton-d'or sous le menton d'un camarade avant d'affirmer que le reflet sur la peau "prouve" qu'il l'aime a été élucidé mercredi par des scientifiques de l'université de Cambridge.
"T'aimes le beurre !": un jeu enfantin consistant à brandir un bouton-d'or sous le menton d'un camarade avant d'affirmer que le reflet sur la peau "prouve" qu'il l'aime a été élucidé mercredi par des scientifiques de l'université de Cambridge. — Silvia Vignolini afp.com

«T'aimes le beurre!»: un jeu enfantin consistant à brandir un bouton-d'or sous le menton d'un camarade avant d'affirmer que le reflet sur la peau «prouve» qu'il l'aime a été élucidé mercredi par des scientifiques de l'université de Cambridge.

Rayonnement comparable à un miroir

Le renoncule (Ranunculus repens) est surnommé bouton-d'or en français, «buttercup» en anglais, «Butterblume» en Allemand, et «boterbloem» en néerlandais soit «fleur de beurre» pour le reflet jaune, semblable au beurre, qu'il produit lorsqu'on l'approche de la peau. «Les scientifiques s'intéressent à son fonctionnement depuis plus d'un siècle», explique la célèbre université britannique dont l'article est publié dans le journal Interface de la Royal Society, équivalent de l'Académie française des sciences.

Les départements de physique et de botanique de Cambridge ont découvert que la structure très particulière des pétales explique l'exceptionnel rayonnement du bouton-d'or, d'une intensité comparable à un miroir. Les cellules des pétales sont constituées de deux surfaces extrêmement plates, séparées par une couche d'air. La réflexion de la lumière par la surface lisse des cellules et par la couche d'air double l'éclat du pétale, ce qui explique que le bouton-d'or réfléchisse davantage la lumière que toute autre fleur.

Un éclat pour séduire les insectes

Les chercheurs de Cambridge ont également découvert que le bouton-d'or réfléchissait une dose importante de rayonnement ultraviolet, auxquels les abeilles et les autres insectes pollinisateurs sont très sensibles. L'éclat du bouton-d'or serait destiné à séduire les insectes, qui vont permettre à la fleur de se reproduire, indépendamment du jeu enfantin en vogue dans de nombreux pays, dont le Royaume-Uni et la France.

«Bien que maints facteurs, comme l'odeur et la température, influencent la relation entre les pollinisateurs et les fleurs, l'aspect visuel est un élément majeur de communication», a expliqué Silvia Vignolini, de l'université de Cambridge. «Notre recherche offre un aperçu passionnant à la fois sur un jeu d'enfants et sur la façon dont les fleurs attirent les insectes pollinisateurs», résume Beverley Glover, du département botanique, dans le communiqué de l'université.