Des chats fluorescents pour faire avancer la recherche sur le sida

SCIENCE Les chats font partie des animaux «sensibles» au VIH...

Olivia Vignaud

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Photographie de chats fluorescents prise dans une chambre noire à Gyeongsang National University à Séoul, en 2007.
Photographie de chats fluorescents prise dans une chambre noire à Gyeongsang National University à Séoul, en 2007. — Choi Byung-kil/AP/SIPA

L’expérience avait déjà été menée sur des porcs, des lapins, des souris et sur la drosophila melanogaster (dite mouche de vinaigre). Un scientifique américain, Eric Poeschla, de la Mayo clinic de Rochester (Minnesota), a cette fois produit trois chats domiestiques génétiquement modifiés fluorescents. Selon ses résultats, publiés dans le journal Nature Methods, ces animaux pourraient faire avancer la recherche sur le sida.

La protéine fluorescente peut servir de marqueur

Comment rend-on un animal fluorescent? La protéine verte fluorescente (GFP) a été découverte en 1962 par le chimiste Osamu Shimomura alors qu’il cherchait à isoler les pigments bioluminescents de la méduse Aequorea victoria. Cette protéine renvoie une lumière légèrement verdâtre dès qu’on l’expose à la lumière du soleil, jaune sous une ampoule électrique et vert fluo sous une lampe à UV.

Le gène de cette protéine peut être fusionné avec d’autres gènes et réintroduit dans des cellules ou dans un embryon, qui va alors la synthétiser. «En connectant la protéine GFP -facilement traçable de par sa fluorescence verte- à une de ces protéines cellulaires, les chercheurs peuvent à présent suivre son comportement, ses mouvements et ses interactions avec le milieu de la cellule», détaille un article du site culture-science-chimie.

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Une méthode qui permettrait de faire évoluer la recherche

Les scientifiques espèrent utiliser ces chats génétiquement modifiés pour étudier le VIH, rapporte le Guardian.

«Les chats sont sensibles au virus d’immunodéficience (FIV), proche du VIH, à l’origine du sida», ont déclaré les professeurs Helen Sang et Bruce Whitelaw, de la Roslin Institute de l’Université d’Edimbourg, là où a été cloné le premier mouton, Dolly, en 1996.

Le docteur Robin Lovelle-Badge, qui est à la tête du département de développement génétique pour la recherche médicale du Medical Research Council's National Institute, précise: «Les chats sont l’une des rares espèces à être sensibles à un tel virus, et donc à être sujets à une pandémie, avec des symptômes aussi dévastateurs pour les chats que pour les humains».

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