Les Etats-Unis manquent d'astronautes, avertit un rapport

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Les Etats-Unis manquent d'astronautes et pourraient de ce fait avoir des difficultés à s'adapter à l'évolution des vols spatiaux habités, pointe un rapport publié mercredi par un organisme américain indépendant.

En 1999, à l'époque de la construction de la Station spatiale internationale (ISS), la Nasa disposait d'une équipe de 150 astronautes. Douze ans plus tard, l'Agence spatiale américaine a mis à la retraite ses trois navettes et ne dispose plus que de 61 astronautes.

Problème, "les astronautes formés pour des missions et des tâches bien spécifiques sont difficilement interchangeables", explique Frederick Gregory, un ancien responsable de la Nasa, dans ce rapport du National Research Council.

Jusqu'en 2016, la Nasa s'est astreinte à maintenir un minimum de 55 à 60 astronautes prêts à s'envoler pour l'espace. A cette échéance, des entreprises privées espèrent avoir pu tester des capsules capables d'emmener des humains en orbite terrestre basse.

Des missions habitées vers Mars sont prévues à l'horizon 2025.

Mais ces missions ont un coût humain exceptionnel. Elles réclament des entraînements plus rigoureux et font poser de plus grands risques sur la santé des astronautes, les poussant à partir plus tôt en retraite, voire à totalement cesser de voler après quelques missions seulement.

Ironie de l'histoire: si à l'époque de la navette une moyenne de 28 astronautes se rendaient dans l'espace chaque année, les missions à venir ne requerront qu'environ six astronautes, à choisir, selon le rapport, parmi un vivier qui devrait être bien plus large que celui dont dispose la Nasa aujourd'hui.

"Compte tenu de l'éventail des éventuelles contraintes auxquelles seront soumis les astronautes et l'incertitude entourant les futurs besoins, le corps d'astronautes est en-deçà du minimum requis", constate le texte.

Pire, le rapport signale que "la taille minimum prévue pour le corps d'astronautes fait peser un risque sur les investissements américains dans les infrastructures de vols habités".