Atlantis en route pour la Station spatiale internationale

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Atlantis, dernière navette spatiale américaine à prendre son envol sur le pas de tir de Cap Canaveral en Floride (sud-est), filait samedi vers la Station spatiale internationale (ISS) à laquelle elle devait s'amarrer dimanche.

Les membres de l'équipage, composé de trois hommes et une femme, menaient samedi des inspections de routine sur le revêtement thermique de la navette, qui sert de barrière contre la chaleur lors du retour dans l'atmosphère.

Les astronautes ont "commencé les inspections du système de protection thermique en vue de l'amarrage dimanche à la Station spatiale internationale", a indiqué la Nasa dans un communiqué.

L'équipage utilise pour ce faire le bras robotisé du vaisseau afin d'avoir une vision rapprochée de l'état du revêtement de la navette. Les caméras fixées au bout du bras fournissent des images très précises qui seront passées au peigne fin par des ingénieurs au sol pour vérifier que la protection thermique est toujours en bon état.

En février 2003, la navette spatiale Columbia s'était désintégrée lors de son retour dans l'atmosphère, entraînant la mort des sept membres d'équipage. Les experts de la commission d'enquête avaient alors conclu que des tuiles composant le système de protection thermique avaient été endommagées lors du décollage.

Il est prévu qu'Atlantis revienne sur Terre le 20 juillet, peu avant 07H00 du matin (11H00 GMT), soit 12 jours après son décollage qui a suscité vendredi l'émotion du million de passionnés venus assister au dernier lancement à Cap Canaveral.

L'ère des navettes américaines s'apprête à se refermer. Les trois navettes restantes de la flotte doivent rejoindre des musées américains et les Etats-Unis vont dépendre désormais des vaisseaux russes Soyouz pour envoyer leurs astronautes à l'ISS, en attendant qu'un vaisseau américain prenne la relève.

Avec la fin des navettes ce sont 27.000 emplois qui disparaissent dans la région du Centre spatial Kennedy, près de Cap Canaveral, dont 8.000 postes directs.

"C'est comme perdre un proche", expliquait récemment Marcia Gaedcke, présidente de la Chambre de Commerce de Titusville, localité la plus proche du Centre Spatial qui va perdre 40% des 8.000 emplois directs supprimés.

L'amertume est aussi perceptible parmi les astronautes.

"C'est dur, car nous avons beaucoup moins de possibilités de voler dans l'espace alors que nous y avons consacré toute notre vie", reconnaît l'astronaute Steve Robinson dans un entretien avec l'AFP.

"Il y a tellement de gens qui perdent leur boulot et ils bossaient parce que c'était leur passion. Des gens vraiment bons", a commenté un autre astronaute Terry Virts.

"La mise en retraite de la navette n'est pas la fin mais le commencement d'un nouveau chapitre dans l'exploration spatiale habitée", a insisté jeudi, Lori Garver, numéro deux de la NASA.

Il a défendu l'annulation par le président Barack Obama du programme Constellation pour revenir sur la Lune, et de conquête de Mars lancé par son prédécesseur, jugés trop coûteux et reposant sur des technologies du passé.

La mission baptisée STS 135 est le 33e voyage d'Atlantis qui a débuté sa carrière en octobre 1985.