Le nouveau pas de tir des fusées Soyouz à Kourou est achevé

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Le nouveau pas de tir de Soyouz au Centre spatial de Kourou, dans le département français de Guyane (Amérique du Sud), est maintenant prêt pour un premier décollage de la fusée russe et a été mis à disposition de la société Arianespace, a annoncé vendredi l'Agence spatiale européenne (Esa).

Le premier tir devrait intervenir "au troisième trimestre 2011" après une phase de tests, avec lancement simulé, destinés à s'assurer que la fusée Soyouz fonctionne parfaitement au sein des nouvelles installations, précise l'Esa dans un communiqué.

La fin du chantier de construction entamé en février 2007, après des travaux d'excavation, marque une "étape importante", selon l'Esa.

Fruit d'un accord franco-russe signé en 2003, le tir de Soyouz au centre spatial de Kourou permettra à l'Europe de l'espace de posséder une gamme complète de lanceurs : de la fusée Ariane 5 qui peut mettre en orbite géostationnaire des charges jusqu'à 9,5 tonnes, à Soyouz (jusqu'à 3 tonnes) et Vega (1,5 tonne en orbite basse).

Le directeur général de l'Esa Jean-Jacques Dordain avait indiqué en janvier que le nouveau pas de tir serait "mis à disposition d'Arianespace en avril", présentant l'augmentation "fantastique des capacités d'accès à l'espace" comme "une révolution" pour l'Europe.

La mythique fusée russe qui avait lancé dans l'espace le premier satellite (Spoutnik, 1957) et le premier homme, Gagarine, le 12 avril 1961, voici cinquante ans, bénéficiera à Kourou d'une position privilégiée.

Tout près de l'équateur là où la Terre tourne le plus vite, une fusée bénéficie d'une impulsion supplémentaire lui permettant d'emporter une charge utile supérieure à ce qu'elle peut lancer depuis Baïkonour (3 tonnes au lieu de 1,7 tonne).

Le site de Kourou est "presque identique" à celui du Kazakhstan, même s'il a été "adapté pour être en conformité avec les réglementations de sécurité européenne", précise l'Esa.

Le chantier a nécessité 2 millions d'heures de travail, 1 million de m3 de terrassement, 35.000 m3 de béton et 3.500 tonnes d'armatures, selon le Centre national français d'études spatiales (CNES) responsable (maîtrise d'oeuvre) de la construction du site.

La France a financé 55% du projet Soyouz à Kourou, précise le CNES dans un communiqué. Sept pays européens, Arianespace et l'Union européenne participent à ce programme de l'Esa.