Clonage : après le tricheur, l'escroc

©2006 20 minutes

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L'affaire des « fausses cellules souches » n'en finit pas de révéler les pratiques peu recommandables de certains mandarins de la recherche (20 Minutes du 7 février)

Après le vétérinaire sud-coréen Hwang, Gerald P

Schatten, coauteur américain des articles falsifiés sur le clonage, est à son tour accusé de mauvaise conduite scientifique par sa propre université

Schatten, qui s'était largement affiché avec Hwang lorsque ce dernier avait annoncé ses – pseudos – découvertes, avait pris publiquement ces distances avec le Coréen dès les premières accusations de fraude connues, fin 2005

Mais la commission d'enquête créée à cette occasion par l'université de Pittsburgh (Etats-Unis) vient de remettre un rapport accablant pour son chercheur : ayant appris, en 2003, que le Dr Hwang ne parvenait pas à publier ses travaux dans la revue Science, Schatten lui aurait proposé d'associer son nom à ses futures recherches en échange de son soutien devant le comité de lecture de la prestigieuse revue américaine

La commission a ainsi établi que le biologiste américain, bien qu'apparaissant comme second auteur de l'article paru dans Science en mai 2005, n'a jamais participé ni assisté à aucun des travaux expérimentaux décrits dans ce même article

Si ce constat le disculpe des accusations de falsifications d'expériences, il ruine sa réputation de chercheur et met une fois de plus en évidence les trafics d'influence et les conflits d'intérêt qui entourent la publication des recherches scientifiques

Yaroslav Pigenet

Selon le New York Times, Gerald P. Schatten aurait touché 40 000 dollars d'honoraires du Dr Hwang. Il a également demandé 200 000 dollars par an de crédits de recherche pour sa prétendue collaboration avec le chercheur coréen.