Le Grand collisionneur de hadrons, une potentielle machine à voyager dans le temps?

SCIENCES Deux chercheurs veulent mettre leur théorie à l'épreuve...

Philippe Berry

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Modélisation du voyage dans le temps d'une particule se baladant dans une 5e dimension.
Modélisation du voyage dans le temps d'une particule se baladant dans une 5e dimension. — DR

De notre correspondant à Los Angeles

Ce n'est pas encore la voiture de Retour vers le futur mais le Large Hadron Collider pourrait servir de machine à voyager dans le temps, selon deux chercheurs qui vont tenter de prouver leur théorie.

Avant de songer au paradoxe du grand père et à Terminator, on respire: Tom Weiler and Chui Man Ho font l'hypothèse que seules des particules spéciales pourraient se balader vers le passé ou le futur, pas des hommes en entier.

D'abord, ils vont commencer par fracasser des protons les uns contre les autres à des vitesses folles (proche de celle de la lumière). Ils espèrent alors pouvoir observer la création d'un machin mythique, le boson de Higgs, une particule dont l’existence n'a jamais été prouvée mais qui aiderait bien les physiciens du monde entier pour expliquer l'origine de la masse.

Voyage dans la 5e dimension

Weiler et Ho ne s'arrêtent pas là. Si un boson de Higgs est bien détecté, ils estiment qu'une autre particule pourrait être de la partie: le singulet de Higgs. Ce qui les intéresse, ce n'est pas tant son apparition que sa... disparition. Où ça? Dans une 5e dimension, où il pourrait voyager vers le futur ou le passé.

Là, certains se diront: «Une 5e dimension!? Comment donc». En fait, leur modèle fonctionne dans ce que les Anglo-saxons appellent la M-theory, une théorie du tout qui cherche à unifier les lois de l’infiniment grand et de l’infiniment petit. Pour que tout marche, il y a besoin de 10 ou 11 dimensions, la plupart étant recroquevillées les unes sur les autres. Tentative d'explication en vidéo.

(partie 2 de la vidéo ici)

«L'un des attraits de notre théorie, c'est qu'elle évite les paradoxes des voyages temporels. Ils sont limités à ces particules», expliquent les chercheurs. Reste que selon eux, «si des scientifiques étaient capables de contrôler la production d'un singulet de Higgs, ils pourraient être en mesure d'envoyer des messages vers le futur ou le passé».

Problème, envoyer un message semble ouvrir la voie à ces mêmes paradoxes qu'ils cherchaient à éviter (à moins de considérer, pour éviter les problèmes de causalité, qu'il y a une infinité d'univers et qu'un voyage vers le passé se déroule en fait dans un autre univers, dans lequel aucune action n'affecte l'univers d'où la particule est partie).

Bref, beaucoup de 'si' et un gros mal de tête. Avec les voyages temporels, parfois, le mieux est d'en rire, comme dans The Big Bang Theory.