L’ADN, un atout pour la généalogie des matous

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S’ils sont parfois capables de férocité, les chats domestiques sont issus d’espèces qui se sont pourtant séparées de leurs cousins rugissants, comme les tigres ou les lions, il y a près de 11 millions d’années. Telle est la conclusion d’une toute nouvelle étude publiée dans la revue américaine Science sur l’évolution génétique des félins. Originaires d’Asie, cette famille de mammifères prédateurs a profité des variations du niveau des mers pour traverser – à pattes sèches – les océans et s’établir sur tous les continents, à l’exception de l’Antarctique. Les félins prédateurs comptent aujourd’hui 37 espèces réparties sur l’ensemble du globe : du chat domestique au guépard, en passant par l’ocelot et le lynx. Jusqu’ici, les chercheurs avaient de grandes difficultés à connaître la généalogie des félins. D’abord en raison de la rareté des fossiles datés, et du fait également que la plupart des espèces actuelles sont apparues et se sont diversifiées très récemment. Stephen O’Brien et son équipe du National Cancer Institute de Frederick (Etats-Unis) ont donc décidé de ne plus s’en remettre uniquement aux trop rares traces archéologiques pour établir l’arbre généalogique des félins, mais de faire appel à une technique déjà utilisée pour celui de l’homme moderne. Ils ont ainsi comparé l’ADN des espèces actuelles. Ce qui leur a permis de découvrir qu’après avoir colonisé l’Asie il y a 10,8 millions d’années, les félins modernes ont donné naissance à huit lignées principales, apparues au fur à mesure des migrations à travers les continents. Y. Pigenet

apparition Selon O’Brien et ses collaborateurs, 60 % des espèces de félins qui vivent actuellement, notamment le chat domestique, sont apparues au cours du dernier million d’années.