Traces de vie extraterrestre sur une météorite: Un expert juge que ce n'est «pas très sérieux»

© 2011 AFP

— 

Les travaux du scientifique de la Nasa affirmant avoir trouvé des traces de vie extraterrestre fossilisées dans des fragments de météorites sont jugés «pas très sérieux» par le président de la Société française d'exobiologie François Raulin. «L'interprétation des résultats demande à être revue par plusieurs scientifiques, ce qui n'a pas état le cas jusqu'à présent», a souligné M. Raulin, interrogé par l'AFP.

Cet astrochimiste, chercheur de l'Université Paris-Diderot, avait été sollicité comme expert par la revue scientifique Journal of Cosmology qui vient de publier l'article de Richard Hoover (Centre Marshall de la Nasa). M. Raulin reconnaît ne pas avoir donné suite «parce que je suis dubitatif d'une part sur le sérieux du journal et d'autre part sur l'objectivité du papier».

«Ca fait un mal fou à la discipline»

«Dans le domaine de la recherche de vie extraterrestre, qui est très médiatique, quand on publie des choses, il faut quand même être sûr le plus possible de l'interprétation qu'on donne des observations», faute de quoi «ça fait un mal fou à la discipline», relève-t-il. L'article de M. Hoover est accompagné de photos prises au microscope de formes ressemblant à des vers. Le chercheur estime avoir trouvé sur des météorites des traces d'anciennes bactéries ayant prospéré dans l'espace. Le Journal of Cosmology, revue disponible gratuitement sur internet, invite les scientifiques à formuler des critiques.

«Etant donné la nature controversée de cette découverte, nous avons convié 100 experts et convié plus de 5.000 personnes de la communauté scientifique à étudier cet article et proposer leur analyse critique», déclare son rédacteur en chef Rudy Schild. En 1996, des indices de vie passée provenant d'une météorite martienne avaient été découverts dans la météorite ALH84001 par une équipe de chercheurs de la Nasa.

«Un travail beaucoup plus approfondi»

«C'était un travail beaucoup plus approfondi avec une dizaine d'équipes en majorité américaine, de disciplines différentes» qui avaient «utilisé de façon complémentaire leurs outils», relève François Raulin, rappelant que néanmoins ces travaux avaient été discutés et avaient suscité «des contre-arguments».

Quant aux derniers travaux dont M. Hoover est le seul signataire, M. Raulin, ancien directeur du Laboratoire Interuniversitaire des Systèmes Atmosphériques (CNRS), s'est étonné d'y voir figurer la météorite tombée dans le village français d'Orgueil (Tarn-et-Garonne) en 1864. «Elle a un siècle et demi maintenant» et a pu subir les «pires outrages», dit-il, faisant référence aux possibles contaminations par des formes de vie terrestres.