Une nouvelle étude confirme que le suaire de Turin date du Moyen-Age

SCIENCES Le chercheur Timothy Jull, qui avait participé aux premières recherches, s'apprête à publier le résultat de nouvelles analyses...

20minutes.fr, en partenariat avec Sciences et Avenir

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Timothy Jull, expert mondial de la datation, publie une nouvelle étude sur le suaiure de Turin en décembre 2010.
Timothy Jull, expert mondial de la datation, publie une nouvelle étude sur le suaiure de Turin en décembre 2010. — S. Meckler/Sipa pour Sciences et Avenir

Il avait gardé une carte dans sa manche. Timothy Jull, qui avait estimé que le suaire de Turin datait du Moyen-Age ne s’est pas avoué vaincu par la pluie de critiques qui s’était abattue sur ses 20 confrères et lui-même. Le scientifique, expert mondial de la datation, dégaine aujourd’hui sa botte secrète: un fragment du tissu, qu’il avait mis de côté pour de nouvelles analyses, et qui confirme les premières estimations qui dataient le suaire entre 1260 et 1390.

Timothy Jull publie en décembre les résultats de ses nouvelles recherches, que Sciences et Avenir a pu consulter. L’homme assure faire taire les critiques, en démontrant notamment que son échantillon provient bien du tissu original, contrairement à ce qu’affirmait un article paru en 2005 dans une revue scientifique.

Un «démenti scientifiquement formel»

Point par point, le chercheur s’est attaché à démonter les doutes soulevés par la première étude qu’il a menée et publiée en 1988 avec l’aide de ses confrères. «Je me réjouis que Timothy Jull ait eu le courage de faire cette excellente étude», s’enthousiasme l’un d’eux dans Sciences et Avenir. Le chercheur Jacques Evin y explique que, selon lui, le travail de son collègue constitue un «démenti scientifiquement formel» à toutes les critiques.

«La polémique ne sera jamais close», suppose cependant Jacques Evin. A moins que l’Eglise ne donne son accord pour un nouveau prélévement de tissu. Timothy Jull, en tout cas, se dit prêt à participer à un nouveau travail de datation. Mais Jacques Evin laisse peut d’espoir à son confrère. Selon lui, en effet, l’Eglise estime que le dossier est clos et n’acceptera pas de se «déjuger».

>> L’intégralité du dossier de Lauren Demaxey, consacrée au suaire de Turin, est dans le numéro de Sciences et Avenir de janvier, à paraître jeudi.