Une nouvelle molécule pourrait aider à vaincre le décalage horaire

SANTE En ralentissant notre horloge interne...

Philippe Berry

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Le cycliste Robbie McEwen, endormi dans un avion.
Le cycliste Robbie McEwen, endormi dans un avion. — REUTERS/E. GAILLARD

Pour combattre le décalage horaire, chacun sa méthode. Certains ne jurent que par la mélatonine. D'autres ne dorment pas dans l'avion, luttent pour rester éveillé (le soleil aide) jusqu'à 22 ou 23 heures avant de s'écrouler. La plupart des experts recommandent surtout de ne boire ni alcool, ni café, et de ne rien manger pendant 16 heures. Le but? Opérer un «reboot» de notre horloge interne.

Température corporelle, appétit, production d'hormones... Notre organisme est calé sur un rythme circadien de 24 heures. Aidés par des robots, des scientifiques de l'université californienne de UCSD ont donc cherché, parmi 120.000 molécules, celle qui affectait le plus notre horloge biologique.

10 heures de plus

L'heureuse élue, baptisée longdaysin, leur a permis de ralentir l'horloge interne de la larve de poisson zèbre et de gagner jusqu'à 10 heures. Ils vont désormais passer à des tests chez des mammifères. Avant la mise au point d'une éventuelle pilule pour l'homme, il faudra sans doute une quinzaine d'années, estime Steve Kay, le directeur du département de biologie à UCSD.

Selon son équipe, la molécule pourrait non seulement être utile dans le cas du décalage horaire, mais aussi pour ceux qui alternent travail de jour et de nuit. Une horloge interne trop perturbée par un sommeil irrégulier serait responsable de l'apparition de certains cancers, selon les chercheurs.