Une bactérie qui carbure à l'arsenic pourrait redéfinir l'équation de la vie

Philippe Berry

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Le lac de Mono Lake, dans le parc du Yosemite, en Californie
Le lac de Mono Lake, dans le parc du Yosemite, en Californie — Wikimedia Commons/M.Zinkova
21h00: C'est terminé, merci de nous avoir suivis.
20h50: Une scientifique de la Nasa présente ses excuses à "tous ceux qui attendaient la présentation d'extra-terrestres". "Mais cette découverte est déjà extraordinaire en soi", ajoute-t-elle.
20h45: Felisa Wolfe-Simon (directrice de cette étude) reprend la parole: "Pour le moment, on ne comprend pas très bien comment cette bactérie substitue l'arsenic au phosphore"
20h40: La communauté scientifique commence à réagir. L'astrobiologiste Paul Davis: "Pour le moment, on ne sait pas s'il s'agit juste d'un étrange accident confiné à la Terre ou si c'est un signe d'une biodiversité bien plus large que ce qu'on imaginait"
20h30: "Il va potentiellement falloir élargir notre recherche de vie extra-terrestre à des environnements qu'on jugeait hostile", explique la Nasa.
20h25:  Quelques précisions, suite à la lecture de l'article publié dans Science: la bactérie du Mono Lake était déjà connue. Simplement, en laboratoire, elle a été placée dans un environnement riche en arsenic, à la place du phosphore. La bactérie a alors en quelque sorte changé son régime pour inclure l'arsenic (un poison pour le reste du vivant) dans sa biochimie la plus élémentaire jusqu'à son ADN.
20h25: Un expert de la biochimie et du phosphore est embêté: "Si cette découverte est confirmée, il va falloir ajouter quelques paragraphes aux manuels scolaires", plaisante-t-il
20h20: Un autre scientifique répète la phrase du jour: "c'est une forme de vie trouvée sur Terre, mais différente de celle qu'on connaissait". Ça sonne mieux en anglais "Life as we don't know it"
20h15: Un autre scientifque prend la parole. "On pensait que le phosphore était une brique indispensable à la vie. Que cela puisse ne pas être le cas est un vrai choc"
20h15 "On a ouvert les portes à d'autres possibilités de forme de vie dans le reste de l'Univers. C'est profond et excitant", lâche-t-elle.
20h15: "Non seulement la bactérie prospère, mais sous nos yeux on l'a vu intégrer l'arsenic à ses cellules, à sa biochimie, et d'une certaine manière, à son ADN"
20h10: "On a pris la bactorie et l'a placée en labo, dans un environnement sans phosphore et concentré en arsenic"
20h05: "Le phosphore et l'arsenic sont très voisins dans la table périodique", rappelle Felisa Wolfe-Simon

20h00: Le live vidéo de la Nasa semble en rade. On est branché sur le son réservé aux journalistes.

19h50: Bienvenue à tous. La scientifique Felisa Wolfe-Simon devrait bientôt présenter sa découverte. Une interrogation principale: s'agit-il véritablement d'une nouvelle forme de vie, d'une branche totalement séparée de la biosphère actuelle, ou simplement une anomalie qui se serait adaptée à un environnement hostile. En clair, va-til falloir réécrire tous les livres de bio.

De notre correspondant à Los Angeles

La secret est déjà éventé. La Nasa va dévoiler une forme de vie «alien», mais pas extra-terrestre. Comprendre une bactérie découverte dans un lac californien qui ne ressemble en rien à que nous connaissions. Sa biochimie et son ADN seraient en effet basés sur l'arsenic, et pas sur le phosphore comme tout le reste de la biosphère terrestre. C'est moins sexy que la découverte de petits hommes verts, mais cela constituerait un vrai changement de paradigme: la vie pourrait être basée sur plusieurs recettes. Et donc s'être développée dans des coins qu'on pensait jusqu'ici inhospitaliers.