Pécresse: "on est obligé de continuer la recherche sur les cellules souches embryonnaires"

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La ministre de la Recherche, Valérie Pécresse, a affirmé jeudi qu'"au stade actuel, on (était) obligé de continuer la recherche sur les cellules souches embryonnaires", alors que s'accélère la préparation du premier essai sur l'homme en France de ce type de thérapie cellulaire.

"L'Etat sera toujours à vos côtés", a déclaré la ministre aux chercheurs, lors d'une visite à l'unité de Thérapie cellulaire en pathologie cardio-vasculaire du Pr Philippe Ménasché (hôpital européen Georges Pompidou, Paris). "Le cadre législatif suivra", a-t-elle ajouté.

Interrogée sur le projet de loi de révision des lois de bioéthique, qui prévoit le maintien du principe d'interdiction de la recherche sur les cellules souches embryonnaires avec un régime d'autorisations dérogatoires, la ministre a assuré qu'"il n'y (avait) pas de contradiction".

"La recherche sur les cellules souches embryonnaires pose des questions éthiques. Nous avons une position d'équilibre", a-t-elle indiqué.

"On ne sacrifiera pas nos règles éthiques", a souligné Mme Pécresse. "En même temps, il faut savoir accompagner les chercheurs dans leur mouvement", a-t-elle poursuivi.

Le Pr Ménasché, dont les recherches portent sur l'utilisation de cellules souches embryonnaires dans le traitement de l'insuffisance cardiaque a indiqué qu'un essai clinique pour un premier groupe de six patients (étude de faisabilité) avait reçu l'accord du Comité de protection des personnes (CPP). Une banque de cellules a également été créée le 11 novembre par la société de biotechnologie MAbgène (Alès).

"On n'est pas sûr que ça va marcher, on l'espère", a mis en garde le Pr Ménasché, soulignant qu'il s'agissait d'un travail d'équipe, en particulier avec Michel Pucéat (Inserm).

Mme Pécresse a également "salué" le travail fait par l'équipe de Marc Peschanski (I-Stem) sur la peau.

Elle a par ailleurs apporté son soutien au Téléthon, mis en cause l'année dernière et dont la prochaine édition se déroulera les 3 et 4 décembre.

"Le Téléthon fonctionne", a-t-elle dit, estimant que faire "un appel global" à la générosité des Français était "une fausse bonne idée". "C'est à nous de travailler pour que les fonds puissent irriguer l'ensemble de la recherche", a-t-elle ajouté.