Production d'isotopes médicaux: le réacteur Osiris redémarre

© 2010 AFP

— 

La production d'isotopes médicaux utilisés pour des examens d'imagerie médicale doit reprendre à partir du 25 novembre au sein du réacteur Osiris du Commissariat à l'énergie atomique qui vient de redémarrer après cinq mois de travaux, a annoncé jeudi le CEA.
La production d'isotopes médicaux utilisés pour des examens d'imagerie médicale doit reprendre à partir du 25 novembre au sein du réacteur Osiris du Commissariat à l'énergie atomique qui vient de redémarrer après cinq mois de travaux, a annoncé jeudi le CEA. — Lionel Bonaventure AFP/Archives

La production d'isotopes médicaux utilisés pour des examens d'imagerie médicale doit reprendre à partir du 25 novembre au sein du réacteur Osiris du Commissariat à l'énergie atomique qui vient de redémarrer après cinq mois de travaux, a annoncé jeudi le CEA.

Le réacteur de recherche Osiris, installé à Saclay (Essonne), assure 5% à 7% de la production mondiale de molybdène 99 servant, après transformation en technétium 99m, à 80% des examens de médecine nucléaire dans le monde.

Des isotopes médicaux sont utilisés en curiethérapie (traitement des cancers par voie interne) et lors d'examens d'imagerie comme la scintigraphie, pour explorer le fonctionnement du coeur, détecter des fractures ou des métastases osseuses.

Environ un million d'examens sont réalisés chaque année grâce au technétium 99m dans 220 services de médecine nucléaire en France et jusqu'à 8 millions en Europe, rappelle le CEA.

Le réacteur Osiris a redémarré jeudi après cinq mois de travaux, des "opérations de jouvence" réalisées par tranches depuis 2008 pour améliorer la sûreté de l'exploitation, avec notamment la construction d'un nouveau sas pour les manutentions, précise le CEA dans un communiqué.

Face au risque de pénurie d'isotopes médicaux, le CEA avait décalé de quelques semaines l'arrêt du réacteur, reportant à juin le début des travaux initialement programmé en mars.

Il s'agissait de faire face à l'arrêt imprévu du réacteur canadien NRU (40% de la production mondiale) et du réacteur HFR de Petten (Pays-Bas, 31% de la production mondiale).

"Osiris avait ainsi répondu temporairement à 20% des besoins mondiaux", souligne le CEA.

Le réacteur canadien datant de 1957, mis hors service en mai 2009 à la suite d'une fuite d'eau lourde, a pu redémarrer en août. L'Afrique du Sud contribue aussi à la production mondiale d'isotopes médicaux.

A partir de 2014, le réacteur de recherche français Jules Horowitz, en construction à Cadarache (Bouches-du-Rhône), devrait pouvoir prendre progressivement le relais d'Osiris.

Dépendant d'un nombre limité de réacteurs (sept dans le monde), production et acheminement des isotopes vers les hôpitaux sont aussi une course contre la montre car la radioactivité du molybdène 99 se réduit de moitié toutes les 66 heures. Injecté à un patient, le technétium 99m voit sa radioactivité divisée par deux toutes les six heures.