Diabsat : quand le satellite permet de dépister les complications du diabète

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Un camion itinérant et une communication rapide par satellite : Diabsat permet le dépistage des complications du diabète dans des zones rurales isolées, dans le cadre d'une expérience pionnière de télémédecine lancée par le Centre national d'études spatiales (Cnes).
Un camion itinérant et une communication rapide par satellite : Diabsat permet le dépistage des complications du diabète dans des zones rurales isolées, dans le cadre d'une expérience pionnière de télémédecine lancée par le Centre national d'études spatiales (Cnes). — AFP

Un camion itinérant et une communication rapide par satellite : Diabsat permet le dépistage des complications du diabète dans des zones rurales isolées, dans le cadre d'une expérience pionnière de télémédecine lancée par le Centre national d'études spatiales (Cnes).

"C'est l'hôpital qui va au plus près du patient", selon Antonio Guell, coordinateur du projet et chef du service des applications et valorisation au CNES.

Le suivi des diabétiques implique plusieurs examens tous les ans, ce qui peut être difficile, surtout en zone rurale, avec le manque d'ophtalmologues ou d'autres spécialistes.

"Quand on est diabétique, il faut faire tous les ans un bilan relativement approfondi de la fonction rénale, de la vision, du coeur et des artères des jambes", résume le Dr Guell.

Or, ajoute-t-il, pour obtenir un rendez-vous pour un "fond d'oeil, il faut six à neuf mois, pour un examen doppler des jambes, il faut attendre trois semaines et faire 90 km de voiture aller et 9O km retour".

Diabsat "correspond vraiment à un besoin", assure ce médecin, six mois après le début de l'expérience, lancée en mai dans le Gers.

Un diabétique non soigné alors qu'il devrait être traité par insuline risque de devenir "totalement aveugle en deux à trois ans", car "la microcirculation de la rétine est perturbée avec des anévrismes, des artères qui se bouchent", explique le Dr Guell.

Les conséquences peuvent être graves également pour les pieds : "les diabétiques qui ne se soignent pas et qui laissent traîner vont avoir des gangrènes et il va falloir amputer un orteil, deux orteils", insiste le médecin.

Quatre type d'examens sont proposés gratuitement et sans rendez-vous dans le camion itinérant pour dépister une atteinte rénale, vasculaire (vérification de l'état des artères), rétinienne (fond d'oeil) ou une perte de la sensibilité des pieds.

Il suffit d'une infirmière dans le camion pour effectuer les examens et transférer régulièrement par satellite les données au centre hospitalier de Toulouse.

Mais la qualité est au rendez-vous grâce aux spécialistes qui les analysent à distance. Pour un fond d'oeil, "c'est d'un niveau égal aux Quinze-Vingt à Paris", hôpital spécialisé en ophtalmologie, assure le Dr Guell.

Les résultats sont envoyés "sous 24 heures au médecin traitant et au patient", précise-t-il, notant que grâce au satellite les données sont transférées "d'une manière très rapide, sécurisée et confidentielle". Même si l'ADSL ou la fibre optique marche en zone rurale, "il y a souvent des problèmes techniques de coupures, d'encombrements", relève-t-il.

La campagne Diabsat a rencontré un franc succès dans le Gers, selon le Cnes, avec près de 1.000 examens réalisés sur 250 patients en 50 jours de dépistage. Le nombre de patients se présentant spontanément a augmenté progressivement grâce au bouche à oreille, souligne le Dr Guell.

L'expérience doit se poursuivre dans plusieurs communes du Tarn à partir du 16 novembre. Ce sera ensuite le tour de la Haute-Garonne, puis d'autres départements de la région Midi-Pyrénées, qui participe au financement de l'expérience aux côtés du Cnes et d'hôpitaux.

Le coût global du projet (achat d'outils médicaux, adaptation du camion) a été d'environ 600.000 euros, hors frais de fonctionnement (salaire de l'infirmière, essence, communications...).

A terme, le but est d'étendre ce dispositif à tous les départements sous la responsabilité de centres de santé, d'agences régionales de soins ou d'associations de diabétiques. Le rôle du Cnes, note le Dr Guell, c'est "d'initialiser le projet", de prouver que "le satellite apporte un plus".