Face à la menace d'astéroïdes, comment agir, qui doit décider ?

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Comment se préparer au risque de collision d'un astéroïde avec la Terre ? Au-delà des techniques pour dévier sa trajectoire, qui prendrait la décision d'agir ? Car un astéroïde mal dévié pourrait frapper une autre région, comme l'a souligné vendredi un groupe international d'experts.
Comment se préparer au risque de collision d'un astéroïde avec la Terre ? Au-delà des techniques pour dévier sa trajectoire, qui prendrait la décision d'agir ? Car un astéroïde mal dévié pourrait frapper une autre région, comme l'a souligné vendredi un groupe international d'experts. — NASA / AFP / Archives

Comment se préparer au risque de collision d'un astéroïde avec la Terre ? Au-delà des techniques pour dévier sa trajectoire, qui prendrait la décision d'agir ? Car un astéroïde mal dévié pourrait frapper une autre région, comme l'a souligné vendredi un groupe international d'experts.

Une des moyens à mettre en oeuvre pour qu'un astéroïde se dirigeant vers la Terre l'évite, c'est de "modifier sa vitesse", a expliqué l'ancien astronaute d'Apollo 9 Russell Schweickart, chef du comité de l'Agence spatiale européenne (ESA) sur les astéroïdes et autres objets croisant l'orbite de la Terre (géocroiseurs).

Une technique consiste à "envoyer un engin spatial vers cet astéroïde, afin qu'il fonce dedans à la bonne vitesse et au bon moment", a-t-il rappelé au cours d'une conférence de presse organisée par l'ESA à Darmstadt (Allemagne) et retransmise via internet.

"Ca on sait le faire", a-t-il assuré, faisant allusion au succès de la mission de la sonde Deep Impact en 2005.

Une autre solution, si on assez de temps pour agir en douceur, c'est qu'un engin spatial s'approche d'un astéroïde et reste à proximité. Avec la gravité, l'astéroïde sera alors graduellement attiré vers le vaisseau. "On utilise la "gravité comme un très faible câble de remorquage", a dit M. Schweickart.

Si ces techniques peuvent suffire pour un astéroïde de moins de 300 mètres de diamètre, le recours à une explosion nucléaire dans l'espace est envisagée pour les plus gros. Mais le risque est limité pour les gros calibres : une collision possible tous les 100.000 ans.

Plus nombreux sont les petits astéroïdes géocroiseurs. Environ 6.000 objets ont été répertoriés autour de la Terre, avait mis en garde dès 2008 l'Association des explorateurs de l'espace (ASE), fondée par M. Schweickart, en présentant un rapport intitulé : "La menace des astéroïdes : appel à une réponse globale".

Un groupe consultatif réunissant spationautes, scientifiques, représentants des principales agences spatiales a été créé par l'ESA dans ce but. Ses membres ont présenté vendredi leurs travaux à l'issue de rencontres en vue d'un rapport qui doit être soumis au Comité des utilisations pacifiques de l'espace extra-atmosphérique de l'ONU.

"Sommes nous prêts en tant qu'agences spatiales, être humains à faire quelque chose ? Face à une menace mondiale, une réaction globale est nécessaire", a déclaré Nicolas Bobrinsky, chef du programme préparatoire de surveillance de l'espace de l'ESA, résumant les enjeux.

"Il est important de prendre la décision collectivement", a souligné M. Schweickart, mettant en exergue les "difficultés liées à la bureaucratie". "Il faut s'assurer d'avoir une réponse coordonnée", a renchéri Leonard David, de la Secure World Foundation.

Comment oeuvrer en collaboration avec les gouvernements ? Il peut être nécessaire d'évacuer certaines régions de la Terre. Lorsqu'on tente d'infléchir la trajectoire d'un astéroïde, "il y a une période intermédiaire où le point d'impact théorique risque de se déplacer vers des zones voisines de la cible initiale", a précisé à l'AFP M. Bobrinsky.

En 2029, l'astéroïde Apophis doit passer à moins de 40.000 km de la Terre, soit un dixième de la distance Terre-Lune. Si ce passage dans notre voisinage perturbe sa trajectoire, cet objet de 300 mètres de diamètre pourrait entrer en collision avec la Terre au cours d'un nouveau passage en 2036.

Il est important d'"être prêt bien avant", insiste M. Bobrinsky. Immédiatement après son passage en 2029, Apophis devrait être équipé de capteurs pour identifier à temps sa trajectoire.