eLEGS, l'exosquelette qui fait remarcher les paraplégiques

SCIENCES Berkeley Bionics a présenté jeudi un premier modèle destiné aux hôpitaux...

Philippe Berry

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Un patient teste eLEGS, de Berkeley Bionics
Un patient teste eLEGS, de Berkeley Bionics — BERKELEY BIONICS

L'émotion est palpable quand Amanda, en fauteuil depuis plus de quinze ans, se lève et fait ses premiers pas. Certes, elle s'équilibre avec des béquilles; oui, un léger ronron mécanique accompagne chaque pas. Mais elle marche, debout, et peut même recevoir un câlin.

La scène s'est déroulée jeudi à San Francisco, où Berkeley Bionics a présenté eLEGS, un exosquelette destiné à faire remarcher les personnes paraplégiques.

Berkeley Bionics n'en est pas à son coup d'essai. En 2008, l'entreprise a lancé HULC, un exosquelette qui permet à un humain de porter et déplacer plus de 100 kilos sans efforts. Berkeley Bionics a d'ailleurs signé un contrat avec Lockheed Martin pour développer son invention pour l'armée.

3 km/h

eLEGS passe à l'étape supérieure. Alimentées par une batterie, une armature en carbone et métal et une série de capteurs reliés à un petit ordinateur permettent de marcher pendant six heures. L'humain ainsi «augmenté» peut même plier le genou et atteindre une vitesse de marche de 3 km/h, selon sa condition.

Dans un premier temps, des exosquelettes seront livrés à plusieurs centres hospitaliers. «Un système comme eLEGS va révolutionner la rééducation neurologique», estime le Dr Suzy Kim, du département de chirurgie orthopédique de l'Université d'Irvine, elle-même en fauteuil et qui fait partie des premiers patients à tester le système. En effet, si les muscles peuvent conserver leur «mémoire» de la marche grâce à cette rééducation, cela ouvre la voie pour que les patients puissent bénéficier d'autres avancées médicales, notamment dans le domaine des cellules souches.

L'hôpital aujourd'hui, la maison en 2013

L'hôpital n'est que la première étape. «Nous espérons pouvoir proposer un modèle pour les particuliers à l'horizon 2013», confie l'entreprise à 20minutes.fr. A quel prix? «Pas d'annonce officielle pour l'instant, mais réussir à abaisser le coût aux environs de 100.000 dollars est dans les objectifs» du PDG Eythor Bender.

Berkeley Bionics veut cependant rester prudent. Avant une certification pour les particuliers, il lui faut passer par de nombreux tests cliniques –qui vont démarrer prochainement– et administratifs, et que les compagnies d'assurances suivent. La route est encore longue. Mais l'espoir est bien là, un pas après l'autre.