Des chercheurs lyonnais ont découvert de nouvelles zones du plaisir

SCIENCES C'est dans le cerveau que ça se passe...

Julien Ménielle

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Des chercheurs lyonnais ont découvert que des zones différentes du cerveau sont stimulées par les plaisirs liés au sexe et à l'argent.
Des chercheurs lyonnais ont découvert que des zones différentes du cerveau sont stimulées par les plaisirs liés au sexe et à l'argent. — Sescousse/Dreher

Ils cernent mieux les zones du plaisir. Des scientifiques lyonnais ont publié ce mercredi les résultats d’une expérience originale qui leur a permis de localiser non pas un nouveau point G, mais deux zones cérébrales distinctes excitées par le sexe ou par l’argent. Jusqu’ici, un seul mécanisme était connu et supposé responsable dans tous les cas de figure.

Pour parvenir à cette conclusion, l’équipe de chercheurs dirigée par Jean-Claude Dreher du Centre de Neuroscience Cognitive de Lyon ont fait appel à 18 volontaires, invités à participer à un jeu leur permettant de gagner de l’argent, ou de voir des images érotiques. Le tout sous le contrôle d’une IRM cérébrale (imagerie par résonance magnétique).

Coffre fort ou image érotique

«Les volontaires étaient allongés dans l’IRM et nous leur avons projeté des images», raconte à 20minutes.fr Guillaume Sescoussse, qui a participé aux recherches. Par petites séquences de 15 secondes, répétées 200 fois, ils ont dû nommer le plus rapidement possible les formes géométriques présentées. Avant de se voir récompensés par une image de coffre fort signifiant un gain d’argent plus ou moins important, ou une image plus ou moins érotique.

Les volontaires ont également été invités à noter leur degré de satisfaction par rapport à la récompense obtenue. Au total, quarante-cinq minutes d’activité cérébrale ont été enregistrées. Résultat: Tout se passe au niveau du cortex orbitofrontal, mais pas au même endroit. La partie postérieure, la plus ancienne sur l'échelle de l'évolution, est titillée par les images érotiques tandis que sa partie antérieure, plus récente chez l’homme, est chatouillée par les gains d’argent.

Récompenses primaires ou secondaires

«La région stimulée par le gain d’argent est la plus en avant, elle n’existe que chez l’homme», indique Guillaume Sescousse. Tandis que la région en lien avec les images érotiques «est présente chez l’animal». Les scientifiques déduisent de leurs recherches qu’il pourrait exister une dissociation entre les récompenses «primaires» (le sexe, la nourriture) et les récompenses «secondaires» (l'argent ou le pouvoir).

Une découverte qui pourrait, selon eux, éclairer sur les addictions aux jeux d’argent. «Nous ne l’avons pas démontré, mais on peut envisager que ces addictions sont liées à un dysfonctionnement de la zone cérébrale spécifique», indique Guillaume Sescousse. Une piste à explorer.