Demain, le sabre-laser?

TECHNOLOGIE Le laser fête ses 50 ans, mais il a encore de beaux jours devant lui...

Oriane Raffin

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Un laser a été utilisé lors du nuage de cendres volcaniques en provenance d'Islande.
Un laser a été utilisé lors du nuage de cendres volcaniques en provenance d'Islande. — AFP PHOTO/MEHDI FEDOUACH

La technologie laser fête ses 50 ans ce mardi. Plus présente dans notre quotidien qu'il n'y paraît, elle offre aussi de belles perspectives d’avenir. Décryptage

«Un instrument au service de la recherche»
Avant tout, le laser est utilisé dans la recherche. «On retrouve ainsi le laser megajoule à Bordeaux, qui permettra de simuler les effets d’une bombe nucléaire dans un labo», explique Sébastien Magnaval, directeur des programmes à Optics Valley, une association d’Ile-de-France, qui oeuvre pour le développement des technologies optiques. 

Autre exemple: «En Ile-de-France, l’institut de la lumière extrême travaille sur des lasers très rapides, avec une intensité très forte, pour aller plus loin dans la recherche en physique fondamentale», détaille Sébastien Magnaval.

Pour les télécoms
Plus concrètement, les lasers nous entourent et nous servent au quotidien. Cette technologie est par exemple utilisée dans les télécoms. «Les petites diodes, de faibles puissances, qui servent à transmettre des signaux ou des données, sont des lasers», décrit Sébastien Magnaval. Les diodes, dans la fibre optique, remplacent ainsi le cuivre, pour transmettre, amplifier ou propager. Cela concerne par exemple Internet. Un marché qui représente plusieurs milliards d’euros dans le monde, et où les entreprises françaises sont présentes, comme Alcatel-Lucent.

Pour les CD, les DVD
Le laser est également utilisé dans le stockage des données. «Les DVD, les CD, il y a toujours des diodes pour les lire», explique Sébastien Magnaval. Rouges d’abord, bleues maintenant (les blu-rays). Là aussi, le marché représente plusieurs milliards d’euros.

Le traitement du métal
Troisième secteur essentiel pour le laser: le traitement des matériaux, comme le métal, dans l’industrie. «On revient sur des lasers super-puissants, utilisés dans les chaînes de montage, pour découper les pièces, par exemple», explique Sébastien Magnaval.

Dermato, ophtalmo, chirurgie
«C’est un secteur plus petit, mais en forte croissance», précise le directeur des programmes. On retrouve le laser en ophtalmologie (traitement de la cataracte, de la myopie), en dermatologie ou encore en chirurgie ou pour perdre des kilos superflus.

Enfin, les lasers sont aussi présents dans l’impression, la peinture, l’archéologie, la lutte contre la contrefaçon (avec le marquage d’objets), etc.

Et demain?
Ça devrait continuer. «Le militaire est un vrai beau marché, par exemple», prévoit Sébastien Magnaval. «On va essayer de ralentir la vitesse de la lumière, la stocker, puis la relâcher», explique-t-il. Voire même créer les célèbres «sabres-lasers» à la Star Wars.

A part cela, l’utilisation du laser devrait se développer dans tous les secteurs où il existe déjà. «La technique progresse, on aura des innovations, mais aussi des progrès, dans la prolongation des usages actuels: des lasers plus rapides, plus précis, etc.», explique Sébastien Magnaval. Les disques durs devraient ainsi pouvoir contenir plus de données, les communications être plus rapides.

En médecine, en associant la fibre laser à d’autres technologies comme la fibre optique, «on va changer le protocole d’intervention chirurgicale», prédit le spécialiste. «On devrait voir un gain en efficacité et en précision», poursuit-il. «On va pouvoir aller dans des endroits où on ne va pas pour le moment, ou alors, de manière plus précise».

Enfin, nos téléphones portables devraient également profiter des progrès du laser. Pour le moment, on en a des bleus et des rouges. Le vert ne devrait pas tarder... et avec lui, la possibilité de projeter des images de qualité, grâce à de tous petits lasers. «Cette technologie pourrait aussi être utilisée dans les cinémas ou pour les vidéoprojecteurs», explique Sébastien Magnaval.