Vers la résurrection d’espèces éteintes grâce à l’ARN ?

espoir Des scientifiques ont réussi pour la première fois à récupérer l’acide ribonucléique (ARN) d’une espèce éteinte, les tigres de Tasmanie

20 Minutes avec AFP
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Daniela Kalthoff, responsable de la collection de mammifères au Musée d'histoire naturelle de Stockholm, examine un spécimen sec de tigre de Tasmanie le 26 septembre 2023.
Daniela Kalthoff, responsable de la collection de mammifères au Musée d'histoire naturelle de Stockholm, examine un spécimen sec de tigre de Tasmanie le 26 septembre 2023. — Jonathan NACKSTRAND

Et si la science pouvait ressusciter des espèces animales éteintes ? C’est l’espoir né après que des chercheurs de l’Université de Stockholm ont réussi pour la première fois à récupérer l’acide ribonucléique (ARN) d’une espèce éteinte, les tigres de Tasmanie.

« Jamais l’ARN d’une espèce éteinte n’avait été extrait et séquencé », a dit à l’AFP Love Dalén, professeur de génétique évolutive qui a copiloté le projet. « La capacité de récupérer l’ARN d’espèces éteintes constitue un premier pas vers la possibilité éventuelle de ressusciter des espèces éteintes », a-t-il ajouté.

Les muscles et la peau de l’animal reconstitués

Dalén et son équipe ont réussi à séquencer l’ARN tiré d’un spécimen de tigre de Tasmanie de 130 ans conservé par le musée national d’histoire naturelle, à Stockholm. Ils ont ainsi pu reconstituer les ARN de muscles et de peau de l’animal.

L’ARN est une molécule qui permet d’exprimer le code génétique dans chaque cellule et de lui donner ainsi des instructions d’action. Les séquences récupérées « étaient d’une telle qualité qu’il a été possible d’identifier des ARN codant pour des protéines spécifiques aux muscles et à la peau », indiquent les chercheurs dans un communiqué. « Si l’on veut ressusciter un animal disparu, il faut savoir où se trouvent les gènes, ce qu’ils font et dans quels tissus ils sont régulés », explicite ainsi Dalén.

Un espoir pour d’autres espèces ?

Le dernier tigre de Tasmanie, un marsupial carnivore, est mort en captivité en 1936 en Tasmanie (sud de l’Australie). Pour Daniela Kalthoff, en charge de la collection de mammifères au musée d’histoire naturelle, cela ouvre la voie à de nouvelles recherches sur « l’idée passionnante » d’une résurrection du tigre de Tasmanie.

Les chercheurs imaginent également la possibilité d’étendre la récupération d’ARN à d’autres collections dans d’autres musées dans le monde. « Il y a des millions et millions de peaux et tissus séchés d’insectes, de mammifères et d’oiseaux dans les collections des musées dans le monde, et l’on pourrait récupérer l’ARN de tous ces spécimens », dit Dalén.