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RATIONALITELes personnes bilingues ont tout intérêt à raisonner dans les deux langues

Les personnes bilingues ont tout intérêt à raisonner dans les deux langues, estime une experte

RATIONALITERéfléchir dans sa langue maternelle permettrait d’être davantage guidé par ses émotions
Viorica Marian, experte en sciences cognitives, s'est penchées sur les différences de réflexion en fonction des langues parlées (illustration).
Viorica Marian, experte en sciences cognitives, s'est penchées sur les différences de réflexion en fonction des langues parlées (illustration).  -  Coll-Peter Willi / SUPERSTOCK / Sipa / Sipa
20 Minutes avec agence

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Avez-vous déjà pensé à réfléchir à un problème dans une langue étrangère ? La démarche peut paraître insolite, mais pourrait s’avérer d’une grande aide. Selon Viorica Marian, spécialiste en sciences cognitives, la langue peut modifier fortement la manière de réfléchir, rapporte Fast Company, vendredi.

Dans son livre, publié ce mardi et intitulé The Power of Language - How the codes we use to think, speak, and live transform our minds (Le pouvoir du langage : comment les codes que nous utilisons pour penser, parler et vivre transforment notre esprit), la chercheuse s’est intéressée aux personnes bilingues ou multilingues. Son étude a montré que la langue maternelle étant celle avec laquelle le sujet avait grandi, elle amènerait souvent sa réflexion à être guidée par l’émotion. Au contraire, réfléchir dans sa langue secondaire, parce que cela demande davantage d’effort, permettrait d’accéder à une pensée plus rationnelle.

Le dilemme du tramway

Pour appuyer son hypothèse, la chercheuse a repris le dilemme du tramway. Les personnes testées se sont retrouvées aux commandes d’un tramway factice. Si elles ne dévient pas sa route, il tuera cinq personnes, si elles le font, il en tuera une. Une personne s’appuyant sur sa raison aura tendance à dévier le tramway pour réduire le bilan humain, quand une personne portée par ses émotions cédera à la panique et laissera la rame suivre son cours.



L’étude a montré que si la personne testée réfléchit dans sa langue secondaire, elle va opter pour le choix le plus rationnel tandis que si elle se formule la question dans sa langue maternelle, elle cédera davantage à ses émotions. Viorica Marian invite donc ses lecteurs confrontés à un problème difficile à le résoudre en y réfléchissant dans deux langues différentes. Si une différence de raisonnement en découle, réfléchir à celle-ci peut être utile pour associer émotion et raison et trouver la meilleure solution possible.


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