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la tete dans les etoilesRetour sur le buzz d’une photo d'« airglow » sélectionnée par la Nasa

Dordogne : Le buzz d’une photo d'« airglow », phénomène atmosphérique rare, sélectionnée par la Nasa

la tete dans les etoiles« 20 Minutes » revient sur l’histoire de cette photo extraordinaire, prise par un jeune photographe amateur en Dordogne, et qui a fait un buzz incroyable après avoir été sélectionnée comme photo du jour par la Nasa
L'airglow est un phénomène atmosphérique très rare, qu'un jeune photographe a réussi à capturer en Dordogne.
L'airglow est un phénomène atmosphérique très rare, qu'un jeune photographe a réussi à capturer en Dordogne. - Julien Looten / 20 Minutes
Mickaël Bosredon

Mickaël Bosredon

L'essentiel

  • Julien Looten, 22 ans, étudiant en archéologie à Bordeaux, est devenu une star dans le milieu de la photo astronomique ces derniers jours, après un cliché de la voûte céleste prise le 21 janvier dernier au-dessus du château de Losse à Thonac (Dordogne).
  • Le photographe amateur, passionné d’astronomie, a immortalisé un « airglow », phénomène atmosphérique rare proche de l’aurore boréale.
  • L’image a fait un véritable buzz, après avoir été sélectionnée par Apod (Astronomy picture of the day), un site de la Nasa, comme image du jour.

Il ne compte plus les sollicitations des médias, et s’il veut bien répondre aussi à nos questions, il nous demande juste de le laisser tranquille une journée pour rattraper le retard qu’il a pris dans ses révisions. Julien Looten, 22 ans, originaire d’Arras (Pas-de-Calais), et étudiant en archéologie au Master Préhistoire à Bordeaux (Gironde), est devenu une véritable star ces derniers jours, après une photo de la voûte céleste, prise le 21 janvier dernier au-dessus du château de Losse à Thonac, près de Lascaux en Dordogne.

C’est que le photographe amateur n’a pas fait une simple photo de ciel. Il a immortalisé un « airglow », un phénomène naturel rare causé par une réaction chimique dans la haute atmosphère, où les rayons du soleil excitent des molécules qui émettent alors une très faible lumière. Ces réactions chimiques complexes se poursuivent parfois la nuit, avec de la production de lumière, un phénomène appelé aussi chimiluminescence, proche de l’aurore boréale.


Photographie d'airglow au-dessus du château de Losse en Dordogne
Photographie d'airglow au-dessus du château de Losse en Dordogne - Julien Looten

« C’est un phénomène atmosphérique rare, et il faut être dans des zones où la pollution lumineuse est vraiment faible, avec un ciel dégagé sans lune, pour avoir une chance de l’observer, commente l’étudiant. Ce soir-là, je pensais juste faire une session photos de la voie lactée au-dessus du château de Losse. Et quand je suis arrivé sur place, le ciel était en train de se voiler, du coup, j’ai pensé à rentrer… » Julien Looten tape quand même quelques images au cas où. « C’est là que je me suis rendu compte que ce que je voyais, ce n’était pas des nuages, mais du airglow… »

« Il ne fallait pas se louper »

Un airglow particulièrement prononcé qui plus est. « Habituellement, ce phénomène se limite à l’horizon avec une espèce de nuage blanchâtre, ou verdâtre, mais ce soir-là il a pris la forme d’ondulations, avec des couleurs très intenses. » Rouge, vert, jaune, bleu, violet… Le spectacle est extraordinaire. Un vrai feu d’artifice.

Julien Looten comprend qu’il est en train de vivre un moment unique. Une chance qu’il ne faut pas laisser passer. « Clairement, il ne fallait pas se louper, et bien choisir les réglages, parce que c’est une chance d’observer un tel phénomène dans un lieu aussi propice. » Il prend une quarantaine de clichés en pause longue pour immortaliser l’événement. Après un traitement sur la distorsion et le vignettage, quelques corrections de luminosité et de couleur, « mais rien qui n’entrave la réalité de la photo », celle-ci est publiée quelques jours plus tard sur les réseaux.

A côté des photos de Hubble et James-Webb

S’il ne se passe rien la première semaine, la photo est repérée ensuite par Apod (Astronomy picture of the day), un site de la Nasa, qui la publie, et elle est reprise sur Sky, autre site qui compile le meilleur d’Apod. Le retentissement est immédiat, « avec même une résonance internationale. » « Vous vous rendez compte : je me suis retrouvé à côté des photos de Hubble, de James-Webb, de tous les observatoires du monde entier qui font des photos d’astronomie… Ce sont des modèles pour moi, et jamais je ne m’étais dit qu’un jour une de mes photos serait partagée à côté de celles-ci. »

Le jeune photographe est évidemment aux anges. « Cela fait vraiment plaisir, en plus c’est une photo qui met en valeur le patrimoine culturel et l’astronomie, bref tous les sujets qui m’intéressent… C’est une belle reconnaissance, une fierté, et en tant que photographe amateur, on peut difficilement rêver de faire mieux. »

« Encore plus motivé pour continuer »

D’autant plus que le jeune homme n’étudie ni dans le domaine de l’astronomie, ni dans celui de la photographie, mais dans celui de l’archéologie. En Licence à Lille, il est arrivé cette année à Bordeaux en Master Préhistoire. « J’ai une vraie passion pour l’archéologie, mais j’ai aussi fait de l’astronomie avec mon père, à l’aide d’un petit télescope, et un jour j’ai eu envie de faire de la photo, et je me suis mis à l’astrophoto » explique-t-il.



S’il reconnaît que parfois, c’est « difficile de trouver la motivation, notamment l’hiver, pour aller photographier le ciel », cette fois-ci « la récompense est à la clé, et ça me motive encore plus pour continuer. »

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