Le réchauffement climatique diminue la taille des poissons européens

ENVIRONNEMENT Selon l'étude d’un institut français, les petites espèces prolifèrent dans les cours d’eau européens, et les masses corporelles ont tendance à diminuer...

Oriane Raffin

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Des poissons dans un jardin botanique.
Des poissons dans un jardin botanique. — Valeriy Lukyanov/NEWSCOM/SIPA
Les poissons des cours d’eau douce européens auraient perdu en moyenne 60% de leur masse corporelle sur les 20/25 dernières années. La cause en serait le réchauffement climatique, selon une étude du Cemagref, réalisée en partenariat avec l’institut de recherche allemand IFM-GEOMAR et publiée dans la revue américaine «Proceedings of the National Academy of Sciences».

Martin Daufresne, principal auteur de l’étude, explique à 20minutes.fr que ces modifications de taille concerne trois aspects: «être petit, cela signifie appartenir à une petite espèce, mais aussi être jeune et être petit pour son âge. Notre étude nous a permis de mettre en avant le fait qu’avec le réchauffement climatique, ces trois critères ont tendance à augmenter.» Concrètement, il y a de plus en plus de poissons de petites espèces, comme le spirlin ou l’ablette, et les poissons sont plus petits qu'avant par rapport à la moyenne de leur espèce.

L’étude, qui portait tant sur les eaux douces que salées, a été réalisée ces deux dernières années, et les données comparées à d'autres datant d’il y a 30 ans. «Le lien entre la taille et la température était déjà connu. Dans les pôles, les organismes sont plus grands. Mais là, on a voulu savoir si la modification temporelle pouvait, elle aussi, engendrer une diminution de taille», détaille Martin Daufresne.

Les chercheurs vont maintenant tenter d'évaluer les conséquences de ces changements de taille. «Pour mieux les anticiper», explique Martin Daufresne, «la taille est en effet corrélée à beaucoup de fonctions biologiques. Quand on est plus grand, par exemple, il est plus facile de se déplacer, et les grands individus ont tendance à produire plus d’œufs. La taille étant liée à la position dans la chaîne alimentaire, il risque, là aussi, d’y avoir des modifications.»