Perseverance : Le rover de la Nasa a détecté de potentielles biosignatures sur Mars

EXPLORATION Le robot de la Nasa a recueilli de « précieux échantillons » qui pourraient permettre d’en savoir plus sur l’existence ou non d’une vie ancienne sur Mars

20 Minutes avec agences
Le rover de la Nasa Perseverance sur Mars, le 24 février 2021.
Le rover de la Nasa Perseverance sur Mars, le 24 février 2021. — UPI/Newscom/SIPA

Des formes de vie ancienne ont-elles existé sur Mars ? Le rover Perseverance a franchi une étape majeure pour répondre à cette question avec la collecte des échantillons « les plus précieux » jusqu’ici. Ils contiennent de potentielles biosignatures dont la nature devra être confirmée une fois sur Terre, a annoncé la Nasa jeudi. S’il ne s’agit pas encore d’une preuve que la vie a un jour existé sur la planète rouge, ces prélèvements représentent la meilleure chance jusqu’ici de pouvoir arriver à détecter avec certitude une possible ancienne vie microbienne.

Une biosignature potentielle peut avoir été produite par la présence de vie, mais aussi par un autre mécanisme. Pour considérer cette biosignature comme définitive, ces échantillons devront donc être analysés par de puissants instruments de laboratoire. La Nasa prévoit de les rapporter grâce à une autre mission d’ici 2033.


Une roche baptisée « Wildcat ridge »

Deux carottes grandes comme un petit doigt, et conservées dans des tubes scellés à bord du rover, ont été prélevées en perçant dans une roche baptisée « Wildcat ridge ». Grande d’environ un mètre, elle est située dans un delta s’étant formé il y a environ 3,5 milliards d’années, à la rencontre d’une rivière et d’un ancien lac. Cette roche est particulièrement intéressante car il s’agit d’une roche sédimentaire, qui semble s’être formée au moment où l’eau du lac s’est évaporée.

« Wildcat ridge » a ainsi « un haut potentiel de conservation d’une biosignature », a déclaré David Shuster de l’université de Californie à Berkeley. Analysée séparément par un instrument au bout du bras robotique de Perseverance, la roche a révélé la présence la plus abondante de composés organiques détectée en un an et demi de mission. Ces composés - faits notamment de carbone, et pouvant aussi contenir de l’hydrogène - « sont les éléments de base de la vie », a déclaré Ken Farley, en charge de la partie scientifique de la mission.

« Les indices deviennent de plus en plus forts »

Ils ont été détectés en moins grande quantité par le rover lors de précédentes analyses dans le cratère de Jézéro, qui contenait le lac, mais « à mesure que nous progressons dans le delta, les indices deviennent de plus en plus forts », a résumé Sunanda Sharma, scientifique au Jet Propulsion Laboratory de la Nasa.

D’autres analyses du rover ont par ailleurs surpris les scientifiques. Au fond du cratère, ils ont « trouvé des roches ignées, c’est-à-dire des roches cristallisées après avoir fondu », a expliqué Ken Farley. Cette découverte indique « un volcanisme actif ». Avant d’accueillir de l’eau, le cratère a possiblement été rempli « d’un lac de lave ». Des échantillons de ces roches magmatiques ont été prélevés, et leur analyse sur Terre devrait permettre de déterminer pour la première fois directement l’âge de la surface de Mars.

Une mission pour les récupérer en 2033

Mais récupérer ces échantillons ne sera pas une mince affaire. En 2028, une mission décollera en direction de Mars. Elle transportera un atterrisseur, avec sur son dos une mini-fusée. Le rover Perseverance roulera jusqu’à lui, et les échantillons seront placés dans la mini-fusée par un bras robotique. Puis celle-ci décollera, et la précieuse cargaison sera transférée dans un vaisseau préalablement placé en orbite autour de Mars. Une fois les échantillons récupérés, cet orbiteur reprendra le chemin de la Terre, pour un atterrissage dans le désert de l’Utah, en 2033.

A noter qu’en cas de défaillance de Perseverance, l’atterrisseur enverra deux petits hélicoptères récupérer les échantillons, en allant soit jusqu’au rover lui-même, soit à une réserve de secours. En effet, le rover collecte depuis le début de sa mission deux échantillons de chaque roche. Une dizaine d’entre eux seront bientôt déposés dans une zone très plate, où il sera facile d’atterrir en cas de besoin. Ils représentent les échantillons de repli s’il est devenu impossible d’accéder au rover.