L’eau pourrait bien être arrivée sur Terre grâce à des astéroïdes, soutient une étude japonaise

ESPACE L’astéroïde Ryugu, riche en matières volatiles et organiques, pourrait bien avoir participé à l’arrivée de l’eau sur Terre

20 Minutes avec agences
Une vue des glaciers et d'un océan sur Terre depuis l'espace. (illustration)
Une vue des glaciers et d'un océan sur Terre depuis l'espace. (illustration) — NASA Earth Observatory/Cover Images/SIPA

L’eau de la Terre proviendrait d’une source extraterrestre, potentiellement des astéroïdes. Cette théorie, connue et explorée depuis quelques années, a été récemment accréditée par l’analyse d’échantillons rapportés de l’astéroïde Ryugu par une mission spatiale japonaise.

L’étude étayant cette thèse a été publiée ce lundi dans la revue Nature Astronomy. Des astéroïdes de type C comme Ryugu, « riches en substances volatiles et organiques », pourraient ainsi avoir été « l’une des principales sources de l’eau sur Terre », selon les chercheurs japonais et étrangers impliqués dans l’étude.


Des échantillons rarissimes et plein de promesses

« L’apport à la Terre de substances volatiles, c’est-à-dire de matières organiques et d’eau, fait toujours l’objet d’un débat important », rappelle le rapport. Mais les substances organiques identifiées sur Ryugu « représentent probablement une source importante de substances volatiles », en complément d’autres sources potentielles comme les vents solaires, selon les chercheurs.

Les particules rapportées de Ryugu font « sans aucun doute » partie des matériaux venant de notre système solaire « les moins contaminés disponibles pour des études en laboratoire ». Selon les chercheurs, les recherches sur ces échantillons « vont certainement élargir notre compréhension des premiers processus du système solaire ».

De nombreuses découvertes à venir

Découvert en 1999, Ryugu («Palais du dragon » en japonais) est situé à plus de 300 millions de kilomètres de la Terre et fait moins de 900 m de diamètre. Les scientifiques pensent qu’une partie de la matière de cet astéroïde a été créée environ cinq millions d’années après la naissance de notre système solaire et n’a pas été chauffée au-delà de 100 °C.

En 2019, la sonde Hayabusa-2 a réussi à prélever 5,4 g de roche et de poussière noire sur Ryugu. La capsule contenant ces échantillons est revenue sur Terre fin 2020, avec la promesse de livrer de nouveaux indices sur l’origine de la vie sur Terre. En juin, une étude avait déjà révélé la présence dans ces échantillons d’acides aminés, des molécules à la base de la vie, car capables de former des protéines.