On sait enfin comment fait le gecko pour adhérer à n'importe quelle surface

ANIMAUX Des chercheurs ont étudié les pattes du petit lézard avec un microscope à rayons X

20 Minutes avec agences
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Un gecko (illustration).
Un gecko (illustration). — RSPCA/Cover Images/SIPA

On sait enfin comment le gecko se colle aux murs et à toutes les surfaces qu’il souhaite, paraissant défier la gravité. Une étude publiée ce mercredi dans la revue Biology Letters est venue répondre à une question jusqu’ici laissée sans réponse.

Les scientifiques sont depuis longtemps intrigués par la capacité quasi surnaturelle d’adhérence du gecko. Ils savent depuis plusieurs années que le bout des pattes du petit lézard est doté de millions de sétules, des poils microscopiques élastiques se terminant en forme de spatules. Cette microstructure permet d’épouser la forme de la surface sur laquelle le gecko se déplace.

Des applications concrètes pour l’humain ?

Les chercheurs de l’Institut national américain des standards et de la technologie (NIST) ont récemment découvert, en utilisant un microscope à rayons X, que ces sétules et leurs spatules étaient couvertes d’un film gras d’un nanomètre d’épaisseur. Ces lipides, qui protègent les tissus de la déshydratation, pourraient aussi jouer un rôle-clé grâce à leur caractère hydrophobe.

En repoussant toute molécule d’eau, ils fourniraient aux spatules « un contact plus étroit avec la surface », selon Tobias Weidne, chimiste danois et coauteur de l’étude, ce qui « aiderait les geckos à s’accrocher à des surfaces humides ». « Maintenant, nous comprenons mieux comment [les sétules] fonctionnent à l’échelle moléculaire », résume son collègue, le physicien Cherno Jaye.

Les chercheurs envisagent désormais des applications concrètes de ces capacités du gecko, notamment via la biomimétique. « On peut imaginer des bottes gecko ne glissant pas sur des surfaces humides, ou des gants gecko pour tenir des outils mouillés », énumère le physicien Dan Fischer, qui envisage aussi un « véhicule capable de parcourir un mur ». Avant d’en arriver là, le travail doit se poursuivre pour déterminer exactement l’utilité de ce film de lipides.