Un chirurgien a greffé un implant d’oreille créé à partir de cellules humaines et d’une imprimante 3D

INNOVATION Cet implant pourrait un jour aider les personnes atteintes de microtie

20 Minutes avec agences
L'implant d'oreille a été créé à partir de cellules humaines (illustration)
L'implant d'oreille a été créé à partir de cellules humaines (illustration) — REX Shutterstock/SIPA

C’est une première. Une équipe médicale américaine a annoncé ce jeudi avoir greffé un implant d’oreille humaine créé à partir des cellules de la patiente soignée et à l’aide d’une imprimante 3D. Cette procédure doit pouvoir aider les personnes souffrant d’une rare malformation à la naissance. Elle a été réalisée dans le cadre d’un essai clinique destiné à évaluer la sûreté et l’efficacité d’un tel implant pour les personnes atteintes de microtie, dont l’oreille externe ne s’est pas développée correctement.

AuriNovo, le nom de l’implant, a été développé par l’entreprise 3DBio Therapeutics, et l’opération réalisée par Arturo Bonilla, fondateur d’un institut spécialisé dans le traitement de cette malformation, à San Antonio, au Texas.

L’aspect et le toucher d’une oreille naturelle

La procédure est réalisée en créant une empreinte 3D de l’autre oreille pleinement développée du patient, puis en collectant des cellules du cartilage de son oreille. Celles-ci sont ensuite mises en culture pour en obtenir une quantité suffisante, puis elles sont mélangées à un hydrogel de collagène. C’est ce mélange qui est utilisé pour imprimer l’implant.

Celui-ci est entouré par une coque imprimée et biodégradable pour le soutenir, qui est absorbée par le corps du patient avec le temps. L’oreille greffée est supposée développer progressivement l’aspect et le toucher d’une oreille naturelle, y compris son élasticité.

Remplacer les traitements existants

L’essai clinique doit comprendre au total onze patients, en Californie et au Texas. Le docteur Arturo Bonilla a dit espérer que cet implant puisse un jour remplacer les traitements existants, qui impliquent la création d’une prothèse à partir du prélèvement de cartilage d’une côte, ou d’une substance appelée polyéthylène poreux. La première solution est une procédure lourde, et l’implant utilisant le polyéthylène poreux est moins flexible que celui testé aujourd’hui, a-t-il expliqué.

La microtie touche environ 1.500 bébés aux Etats-Unis chaque année, selon l’entreprise. S’ils ne présentent pas d’autres problèmes de santé, ces enfants peuvent vivre tout à fait normalement. Mais certains peuvent mal vivre le regard des autres sur cette malformation.