Rennes : Huit sculptures gauloises de plus de 2000 ans font les fières au musée de Bretagne

HISTOIRE Découverts à Paule en 1988 et à Trémuson en 2019, les vestiges datant du premier siècle avant notre ère sont présentés pour la première fois au public dans le cadre de l’exposition « Celtique ? » qui s’ouvre au musée de Bretagne

Jérôme Gicquel
Rassemblées au musée de Bretagne, les huit statues gauloises sont présentées pour la première fois au public.
Rassemblées au musée de Bretagne, les huit statues gauloises sont présentées pour la première fois au public. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • Huit statues gauloises datant du premier siècle avant notre ère sont présentées pour la première fois au public au musée de Bretagne à Rennes.
  • Très rares, ces vestiges ont été mis au jour lors de chantiers de fouilles en 1988 et en 2019 à Paule et à Trémuson.
  • Pour les archéologues de l’Inrap, il s’agit de pièces « de niveau international ».

« Ce sont des pièces de niveau international que l’on ne retrouve nulle part ailleurs ». Directeur interrégional Grand Ouest de l’Inrap, Claude Le Potier n’est pas peu fier. Grâce au travail de ses équipes, huit sculptures gauloises sont présentées pour la première fois au public dans le cadre de l’exposition « Celtique ? » qui a ouvert ses portes ce vendredi au musée de Bretagne à Rennes (lire encadré). Datant du premier siècle avant notre ère, les vestiges découverts dans la région sont en effet extrêmement rares puisque seulement une trentaine de ces statues gauloises ont été mises au jour en France. « Et treize rien qu’en Bretagne », souligne Claude Le Potier.

L’archéologue connaît bien le dossier car c’est lui qui avait trouvé quatre de ces sculptures en pierre en 1988 sur un chantier de fouilles à Paule, à la frontière des Côtes-d’Armor et du Finistère. Parmi les trésors dénichés, il y avait notamment celle de ce barde à la lyre, probable ancêtre d’Assurancetourix.

Des statues à l’effigie de membres de l’aristocratie

Trente et un an plus tard, c’est du côté de Trémuson près de Saint-Brieuc que les équipes de l’Inrap ont tiré le gros lot. « C’était un jour particulier, un jour de fête car la découverte était exceptionnelle », se souvient Stéphane Bourne, responsable scientifique des fouilles. Dans une fosse, les archéologues sont tout d’abord tombés sur un buste, haut de 40,5 cm et pesant 11 kilos, représentant un homme barbu portant un collier.

Le buste de cet aristocrate gaulois a été découvert sur un chantier de fouilles préventives en 2019 à Trémuson dans les Côtes-d'Armor.
Le buste de cet aristocrate gaulois a été découvert sur un chantier de fouilles préventives en 2019 à Trémuson dans les Côtes-d'Armor. - Emmanuelle Collado / Inrap

Quelques mètres plus loin, ce sont trois autres statuettes qui ont été découvertes au fond d’un puits dans lequel était également caché un seau en bois, cerclé de métal aux motifs celtiques et remarquablement conservé. « Ces sculptures témoignent de l’art celtique et permettent de voir comment les artistes de l’époque représentaient la figure humaine », indique Claude Le Potier.

Si les statues n’ont pas encore révélé tous leurs mystères, on sait tout de même qu’elles étaient à l’effigie de membres de l’aristocratie afin de perpétuer leur mémoire et la grandeur de la famille. Plusieurs siècles plus tard, le pari est réussi puisqu’elles sont désormais en vedette au musée de Bretagne.

La « celtic mania » décryptée

Sur des tongs, des boîtes de gâteaux, des mugs ou des bouteilles de bière. En Bretagne, le triskell s’affiche partout, symbole de l’héritage celte. Pour mieux comprendre d’où viennent ces racines celtiques et décrypter la « celtic mania » qui se diffuse depuis de longues années et fait vendre tout et n’importe quoi, le musée de Bretagne à Rennes propose une grande exposition temporaire baptisée « Celtique ? » et parrainée par le druide Alan Stivell. Ouverte depuis ce vendredi, l’exposition sera visible jusqu’au 4 décembre.