Un an après son arrivée sur Mars, le robot Perseverance nourrit les espoirs des scientifiques

ESPACE Il y a un an, le rover Perseverance se posait sur Mars. Depuis, ses instruments ont pu notamment entendre pour la première fois des sons en provenance de la planète rouge

B.C. avec AFP
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Un selfie du Rover Perseverance à côté du petit hélicoptère Ingenuity.
Un selfie du Rover Perseverance à côté du petit hélicoptère Ingenuity. — Nasa-UPI-Sipa

Il y a un an, après sept mois de voyage et sept minutes de descente, le robot Persévérance posait ses roues sur la planète rouge. Depuis, ce petit bijou de technologies a tenu toutes ses promesses et rempli avec succès sa première année passée à traquer les traces de vie passée.

Posé sur le site d’un ancien lac, le cratère Jezero, il a dans un premier temps rodé ses sept instruments. Avant de réussir à enregistrer pour la première fois des sons martiens, en particulier le vent, et les transmettre aux Terriens. « C’était une des grandes découvertes de l’année. Personne n’avait jamais entendu Mars ! », se souvient Sylvestre Maurice, coresponsable scientifique de SuperCam et astrophysicien à l’Irap de l’Université de Toulouse (CNRS/CNES).

Son, vol et minéraux

Un peu comme les explorateurs Vasco de Gama et Magellan, les responsables de cette mission « découvrent un nouveau monde », raconte l’astrophysicien. Au quotidien, il dépouille avec son équipe les dernières livraisons du robot. « En douze mois, on a récolté une moisson de données sur la minéralogie, l’atmosphère, la météo, et des dizaines de milliers d’images », explique-t-il.

Entre les tirs laser de Persévérance et ceux de Curiosity, le cap symbolique du millionième tir sur Mars, viennent d’être passés. Une technologie qui permet de lire la composition chimique des roches. Par alternance, ils se font depuis les Etats-Unis ou le centre spatial du CNES à Toulouse.

A l’heure actuelle, Perseverance a parcouru quatre kilomètres, dont 500 mètres rien que le week-end dernier. D’ici à la fin de sa mission, le rover doit prélever une quarantaine d’échantillons. Ils seront ensuite récupérés lors d’une autre mission qui les rapportera sur Terre, d’ici les années 2030. Persévérance en a déjà été récupéré sept, dont un vide. « C’est un apprentissage lent, mais vu toutes les contraintes, je suis le plus heureux des scientifiques. Il faut être patient, Perseverance est comme une tortue, très intelligente », assure Jim Bell, professeur d’astronomie à l’Université d’Arizona.

Comme les autres scientifiques embarqués dans cette mission, il se souvient du vol historique de l’hélicoptère Ingenuity, l’éclaireur du rover. Et surtout quand, à l’automne dernier, Perseverance a prouvé que le site d’atterrissage avait été bien choisi. « On avait seulement des images en orbite laissant supposer un site lacustre. Mais lorsqu’on a vu, sur des images au sol, qu’on était bien sur un ancien lac, alimenté par une rivière en delta, comme le Mississippi ou le Mékong… Ça nous a complètement retournés ».

Le rover va désormais mettre le cap sur le delta. Il n’est qu’à deux kilomètres, mais il devra contourner une dune pour y accéder, d’ici au printemps. Dans un secteur où les éléments minéraux se sont accumulés, plus favorable au développement d’une forme de vie de type microbienne.