L'objet qui va s'écraser sur la Lune en mars n'est pas un morceau d'une fusée SpaceX

ERREUR Un morceau de fusée va bien s’écraser sur la Lune le 4 mars mais il s’agit de l’étage d’une fusée chinoise

20 Minutes avec agences
La lune, le 5 octobre 2020.
La lune, le 5 octobre 2020. — Michael Probst/AP/SIPA

Le second étage d’une fusée de SpaceX devait  s'écraser en mars prochain sur la Lune après avoir erré plusieurs années dans l’espace. L’annonce avait fait grand bruit fin janvier. Mais les astronomes ont en réalité mal identifié leur cible.

Un bout de fusée percutera bien la Lune le 4 mars prochain, mais contrairement à ce qui avait été annoncé, il ne s’agit pas d’une fusée de l’entreprise américaine, mais plutôt d’un lanceur chinois. Il s’agit de l’étage d’une fusée Longue-Marche ayant décollé en 2014 pour une mission nommée Chang’e 5-T1, dans le cadre du programme d’exploration lunaire de l’agence spatiale chinoise.

Le manque de suivi des objets spatiaux

L’annonce surprise a été faite par l’astronome Bill Gray, qui avait le premier identifié le futur impact, et a reconnu ce week-end sa méprise. Cette « erreur de bonne foi » souligne « le problème que pose le manque de suivi approprié de ces objets dans l’espace lointain », a pour sa part estimé sur Twitter l’astronome Jonathan McDowell. Car l’objet en question a en réalité été mal identifié il y a plusieurs années déjà, lorsqu’il avait pour la première fois été détecté, a expliqué Bill Gray, créateur d’un logiciel permettant de calculer les trajectoires d’astéroïdes et d’autres objets, utilisé par des programmes d’observations financés par la Nasa.

« L’objet avait l’éclat attendu, était apparu au moment attendu, et se mouvait sur une orbite cohérente », a-t-il écrit. Mais « rétrospectivement, j’aurais dû observer certaines choses étranges à propos de l’orbite », a-t-il reconnu.

Une opportunité « exaltante » pour la Nasa

Bill Gray se dit désormais « persuadé » que l’objet en question « est en réalité l’étage de fusée de Chang’e 5-T1 ». Cette mission test devait préparer la mission ultérieure Chang’e 5, qui a permis de rapporter sur Terre des échantillons de Lune.

De son côté, la Nasa avait déclaré fin janvier qu’elle tenterait d’observer le cratère qui sera formé par l’explosion de cet objet, grâce à sa sonde actuellement en orbite autour de la Lune, le Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO). L’agence spatiale américaine a qualifié cet événement d'« opportunité de recherche exaltante ». Etudier le cratère formé pourrait en effet permettre de faire avancer la sélénologie, l’étude scientifique de la Lune.