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RECHERCHEUne équipe de chercheurs de Marseille teste une nouvelle pilule anti-Covid

Coronavirus à Marseille : Une équipe de chercheurs ouvre la voie à une nouvelle pilule anti-Covid

RECHERCHEDes chercheurs d’un laboratoire de l’université d’Aix-Marseille ont obtenu des résultats prometteurs sur l’efficacité contre le coronavirus d’un médicament d’abord conçu contre l’hépatite C
Pilule anti-coronavirus (illustration)
Pilule anti-coronavirus (illustration) - EPN/Newscom/SIPA / SIPA
Alexandre Vella

Alexandre Vella

L'essentiel

  • Une équipe de chercheurs d’un laboratoire d’Aix-Marseille publie ce jour dans Nature communication, les résultats positifs d’une étude sur une pilule anti-Covid.
  • Développé par le laboratoire américain Atea, fondé à Boston par un natif de Provence, ce médicament d’abord conçu contre l’hépatite C, s’est avéré efficace contre les variants du coronavirus.
  • Celle-ci ouvre la voie à un traitement combinatoire de médicaments de pilules, en complément avec le Paxlovid développé par Pfizer.

Bientôt une thérapie combinatoire efficace contre les différents variants du coronavirus ? C’est ce que suggère une étude conduite par les chercheurs du laboratoire Architecture et fonction des macromolécules biologiques de l’université d’Aix- Marseille dont les résultats ont été publiés ce jour dans la revue Nature communication, comme rapporté par La Provence.

Contacté par 20 Minutes, Bruno Canard, le responsable de ce laboratoire revient sur cette découverte. « En 2020, nous avons été contactés par Atea, un laboratoire pharmaceutique américain, fondé par Jean-Pierre Sommadossi, natif de la région et avec qui nous avions travaillé. Il y avait ce nouveau médicament, le bemnifosbuvir, développé pour lutter contre l’hépatite C et dont il voulait que nous analysions ses mécanismes d’action et qui s’est montré actif contre le coronavirus et ses variants », rembobine le chercheur.

Administration par voie orale

« On a trouvé que ce médicament s’attachait aux enzymes de reproduction du virus et arrêtait sa synthèse ARN. Et là où c’est particulièrement intéressant, c’est que ce médicament se fixe à deux endroits différents, ce qui rend les risques de mutations du virus très limités », poursuit-il.

Pour l’heure, le bemnifosbuvir est encore en phase de test clinique. Il vient d’entamer sa phase 3, précise la publication ce qui laisse envisager une commercialisation en fin d’année. À ce stade, ses effets secondaires potentiels ont donc déjà été assez largement testés et « aucune toxicité n’a été mise en avant », précise le docteur Bruno Canard.

Aussi, cette pilule, disponible par voie orale ouvre une possibilité intéressant de complément au Paxlovid, la gélule anti-Covid développé par Pfizer. « Ces deux médicaments ne visent pas les mêmes enzymes du virus, ce qui permet d’envisager une multithérapie et un traitement combinatoire efficace ».

Ce travail de recherche qui a mobilisé une vingtaine de chercheurs de ce laboratoire a été en « majorité conduit par Ashleigh Shannon, une postdoctorante australienne », a tenu à indiquer le professeur. « Elle est venue en 2020 avec une bourse de 6 mois et son conjoint, sans savoir si je lui trouverais d’autres financements. Aujourd’hui, elle est toujours avec nous, et a même demandé sa naturalisation ». Dit ainsi, il se pourrait que l’histoire de cette recherche, annoncée sans trompette ni tambour, soit belle jusqu’au bout.

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