Nice : Mi-drones, mi-hélicoptères, de nouveaux engins voleront au-dessus de la tête des Niçois d’ici à 2024

FUTUR IS NOW L’avantage de ces véhicules est surtout qu’ils peuvent décoller et atterrir verticalement

Elise Martin
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Les véhicules électriques pourront survoler la ville de Nice d'ici 2024 (Illustration)
Les véhicules électriques pourront survoler la ville de Nice d'ici 2024 (Illustration) — Aéroport Nice Côte d'Azur
  • Le projet Urban Blue regroupe les aéroports de Nice, Rome, Venise et Bologne dans le but de travailler sur la technologie « d’équipements volants, 100 % électriques » pour « répondre aux besoins de mobilités des usagers », affirme Franck Goldnadel, président du Directoire de la société Aéroports de la Côte d’Azur.
  • Ainsi, le véhicule pourra partir de l’aéroport et atterrir verticalement dans le centre-ville de Nice.
  • Le Collectif citoyen 06 dénonce « un mauvais sens des priorités ».

Nous sommes loin de 2214 et de Leeloo, « le cinquième élément », qui monte dans le taxi de Korben Dallas. Loin du style du taxi volant jaune, et pourtant, dans moins de trois ans, « de nouveaux équipements capables de transporter des passagers et de la marchandise » survoleront  Nice, assure l’aéroport de Nice. Entre les hélicoptères et les drones, ces engins seront « 100 % électriques ». Un projet intitulé «   Urban Blue », initié par la plateforme azuréenne et celles de Rome, Venise et Bologne.

« Nos deux objectifs sont d’être le laboratoire de l’aéroport de demain et d’être pilote pour arriver à des émissions neutres en carbone à l’horizon 2030, avance Franck Goldnadel, le président du directoire de la société Aéroports de la Côte d’Azur. Avec cette technologie, nous répondons à un besoin qui évolue en termes de déplacement de la population. »

« Ce gros drone pourra permettre à un usager d’éviter de prendre sa voiture »

En 2024, ce « gros drone », et non pas « un taxi volant » car « on ne sait pas encore quel sera le besoin précis », se présentera comme « un moyen complémentaire » à ce qui existe déjà. « Nous devons nous tenir prêts et être capables d’accompagner les usagers dans leurs déplacements, indique le président du directoire. On se doit de réfléchir aux trajets urbains ainsi qu’aux infrastructures qui doivent être mises en place. »

Il ajoute : « L’avantage avec ces équipements est qu’il décolle et atterrisse verticalement, on a juste besoin d’une surface, pas d’une piste. Par exemple, le point A pourrait être l’aéroport et le point B, un endroit du centre-ville pour se connecter à d’autres mobilités comme le vélo. L’idée est d’éviter de prendre sa voiture, ou de compléter le transport de marchandises. On le remarque tous les jours, à Nice, la circulation est beaucoup trop dense avec un trafic routier de plus en plus bouché. »

Pour ce projet, les aéroports font appel aux constructeurs de Volocopter pour des modèles d’e-Vtol, des véhicules à décollage et atterrissage verticaux électriques. Cette société allemande s’occupe de la technologie à développer, notamment pour les batteries, le temps de recharge et d’autonomie. « Le plus important c’est de savoir comment on va traiter les passagers et les manières les plus optimales pour récupérer de l’énergie », précise Franck Goldnadel. Sur les détails du produit livré, « ce seront les entreprises partenaires qui affineront en fonction des évolutions de technologies, assure-t-il. De notre côté, on apporte l’expertise de la surface pour les accueillir. »

Le Collectif citoyen du département trouve que « ce n’est pas la priorité »

D’autres aéroports, comme ceux de Paris, ont également ces ambitions pour 2024. « Nous ne sommes pas en concurrence du tout, affirme le responsable des aéroports de la Côte d’Azur. L’intérêt est d’apporter des solutions à la population et d’émettre le moins d’émissions possibles. De notre côté, la seule échéance est celle des constructeurs ». Il assure par ailleurs que cette innovation sera « accessible à tous » et cite les exemples de l’avion qui s’est démocratisé, « tout comme les téléphones portables et ce, en moins de quinze ans ».

Pour le Collectif citoyen 06, qui a pour but « d’informer et mobiliser les citoyens et citoyennes sur les enjeux clés du territoire », cette innovation est « une diversion ». Ayri Chrétien, le cofondateur, s’exclame : « On croirait la Une d’un journal de science-fiction des années 1970. C’est un choix de société mais les priorités sont ailleurs. On n’est pas contre le progrès, mais il faut qu’il soit utile. Ce n’est pas cette version-là qu’il faut démocratiser, l’effort et l’énergie à mettre sont dans les trains et les pistes cyclables. Pas dans un hélicoptère électrique qui va encombrer le ciel et augmenter les nuisances sonores. Qui a vraiment envie de ça ? » Le Collectif citoyen 06 a d’ailleurs saisi la justice « pour pratique commerciale trompeuse à visée environnementale » estimant que « la neutralité carbone » communiquée par l’aéroport de Nice « est un mensonge ».

Les premiers tests pourront se dérouler dans « quelques mois grâce à la proximité avec la mer pour voler en toute sécurité », indique-t-on du côté de l’aéroport. Car, « évidemment, survoler la population demande une réglementation très stricte ».