Montpellier : Des vestiges agricoles découverts par des archéologues sur le site d'un futur collège

FOUILLES Des silos, qui permettent de stocker les récoltes, et un four à pain ont été retrouvés

Nicolas Bonzom
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L'un des vestiges agricoles retrouvés par les archéologues à Port-Marianne, à Montpellier
L'un des vestiges agricoles retrouvés par les archéologues à Port-Marianne, à Montpellier — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Des fouilles archéologiques préventives ont été mises en œuvre sur le site du futur collège du quartier Port-Marianne, rue du Mas Rouge, à Montpellier.
  • Les archéologues ont retrouvé sur ce site, non loin de l’arrêt de tramway du Millénaire, des vestiges agricoles, datant du néolithique et du Moyen-Age.
  • Ils ont notamment mis au jour des silos pour stocker les céréales et un four à pain.

Avec sa petite truelle, l’archéologue exhume les fragments d’une poterie, datant vraisemblablement du néolithique. « C’est aussi pour ça qu’on fait ce métier-là. On aime bien chercher, mais on aime bien trouver aussi », sourit Mathieu Ott, chef des fouilles archéologiques lancées rue du Mas Rouge, à Montpellier (Hérault). C’est ce site, dans le quartier Port-Marianne, que le département de l'Hérault a choisi pour accueillir le futur collège, très attendu par les familles du quartier.

Comme la loi l’impose, des fouilles archéologiques préventives ont été mises en œuvre, avant le lancement des travaux. Et elles ont été particulièrement fructueuses. Les archéologues ont mis au jour des vestiges qui permettent d’imaginer ce que les premiers Montpelliérains faisaient ici, à l’endroit même où, des milliers d’années plus tard, des adolescents courront avec leurs cartables trop lourds dans les couloirs du futur collège.

Des silos pour stocker les récoltes

« Les vestiges appartiennent à deux périodes différentes, la fin de la Préhistoire [entre 3300 et 2500 avant J.C. environ], et le Moyen-Age [autour de l’an 1000, quelques années après la fondation de Montpellier] », explique Mathieu Ott, archéologue à l’Inrap, l’Institut national de recherches archéologiques préventives. Mais tous permettent de mettre en évidence quelles étaient, à l’époque, les pratiques agricoles. Il y avait, sans doute, une exploitation non loin de là, dont les archéologues ont découvert des déchets.

Des silos datant du néolithique et du Moyen-Age, ont, par exemple, été retrouvés. « Ils permettent de stocker les céréales et les légumineux issus des récoltes en sous-sol, reprend l’archéologue. A l’époque, les grands silos aériens n’existent pas. C’était stocké dans la terre, à un mètre, parfois deux mètres de profondeur. Une fois remplies, ces fosses étaient scellées, hermétiquement, avec des pierres et de l’argile. »

L'un des vestiges agricoles retrouvés sur le site du futur collège de Port-Marianne, à Montpellier
L'un des vestiges agricoles retrouvés sur le site du futur collège de Port-Marianne, à Montpellier - N. Bonzom / Maxele Presse

Un four à pain du Moyen-Age

Les fouilles ont aussi permis de retrouver un four du Moyen-Age. « Ce ne sont pas des fours liés à une maison, ce sont des fours voués à approvisionner en pain la collectivité, poursuit Mathieu Ott. On installait ces fours loin des habitations, pour éviter de mettre le feu. La cuisson se fait plusieurs fois dans l’année, et on mange le pain sec, trempé dans la soupe. Il n’est pas question d’avoir une baguette de pain frais tous les matins ! »

Et pour dater ces structures, les archéologues de l’Inrap se penchent sur les objets, qu’ils découvrent à l’intérieur. « La céramique, par exemple, qui se conserve très bien, n’est pas la même au néolithique et au Moyen-Age, explique Mathieu Ott. Nous complétons avec des analyses physico-chimiques, notamment le Carbone 14, qui nous permettent d’apporter une plus grande précision sur la chronologie. » Les découvertes à Port-Marianne vont être précieusement conservées, et mises à la disposition des chercheurs. Et, que les parents du coin se rassurent, sur les fouilles sont fructueuses, il n’est pas question que les travaux du futur collège du quartier n’aient du retard.