Imprévisibles tremblements de terre

DECRYPTAGE Michel Granet, directeur de l'Observatoire des sciences de la Terre de Strasbourg, fait le point après le séisme qui a secoué l'Italie ce lundi...

Julien Ménielle

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A la recherche de rescapés dans les rues d'Aquila, 60.000 habitants, en plein centre de l'Italie, épicentre du violent séisme du 6 avril 2009.
A la recherche de rescapés dans les rues d'Aquila, 60.000 habitants, en plein centre de l'Italie, épicentre du violent séisme du 6 avril 2009. — Reuters / Allessandro Bianchi
Ce genre de séisme est-il prévisible?
Giampaolo Giuliani, un chercheur italien, prétend que oui. Se basant sur la mesure de l'activité sismique, il assure que «le tremblement de terre était prévisible». Mais Michel Granet, directeur de l'Observatoire des sciences de la Terre de Strasbourg, est moins affirmatif. «Il existe en effet des signes précurseurs», assure-t-il à 20minutes.fr. Il cite des phénomènes chimiques, comme l'émanation de certains gaz rares, physiques, avec la modification de l'activité sismique, ou «plus exotiques», comme l'observation de comportements anormaux chez les animaux. «On peut aussi se baser sur les statistiques», explique le spécialiste, cependant «aucune théorie globale ne permet de prédire précisément la survenue d'un séisme».

Pourquoi y a-t-il autant de victimes dans des régions où les séismes sont fréquents?
Ce séisme a été destructeur pour trois raisons, selon Michel Granet. «Sa force, d'abord», avec une magnitude de 6,2. Mais aussi le fait qu'il se soit produit «très près de la ville». Et surtout, en raison de son caractère superficiel. En effet, «les séismes se produisant en profondeur sont davantage amortis et font moins de dégâts en surface», explique-t-il. Quant aux bâtiments, certains «ont traversé les siècles», comme l'église qui s'est effondrée. Les habitations sont, elles, censées répondre aux normes parasismiques. Encore faut-il, comme le souligne Michel Granet, «se donner les moyens de vérifier l'application des lois en la matière».

Ce genre de sinistre peut-il se produire en France?
Théoriquement, oui. Mais Michel Granet précise que «les forces induites par le mouvement des plaques sont faibles en France». En conséquence, si le risque de séismes existe, leur intensité est potentiellement moindre qu'en Italie. «Il y a cependant déjà eu des séismes de magnitude supérieure à 6 en France», rappelle-t-il, citant l'exemple de 1909, en Provence. Certaines zones sont donc considérées comme étant à risques.

Quelles sont les zones à risques?
Principalement celles où des séismes ont déjà eu lieu. Michel Granet évoque ainsi le sud de l'Alsace, les Alpes, le Jura, l'arrière-pays niçois, les Pyrénées «et même la Bretagne, ce qui est moins connu». Le spécialiste précise cependant que les niveaux de risques sont différents selon les zones, et que les normes parasismiques auxquelles sont soumises les constructions y sont adaptées.