Retour de Thomas Pesquet : « La station spatiale, si on n’a rien à faire, c’est une prison avec une très belle vue »

ESPACE L’astronaute français a répondu à toutes les questions sur son voyage dans l’espace lors d’une conférence de presse

M.F
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Retour de Thomas Pesquet: L'Astronaute revient sur son séjour dans l'espace — 20 Minutes

Thomas Pesquet était en direct ce vendredi matin du Centre européen des astronautes de Cologne, en Allemagne. Le Français s’est prêté au jeu des questions-réponses des journalistes curieux de son expérience sur la Station spatiale internationale (ISS) dont il est revenu mardi matin. Première bonne nouvelle, Thomas Pesquet va « très bien », a-t-il lui même assuré. Après une entrée dans l’atmosphère où « ça secoue beaucoup, il y a beaucoup de chocs et ça tangue pas mal », il est désormais en train de se réhabituer à « l’environnement terrestre ».

Son premier petit plaisir sur Terre ? « La liberté, gérer mon temps comme je le désire » et « la douche chaude » ! Et oui car les conditions de vie sur l’ISS ne sont pas toujours faciles. « La station spatiale, si on n’a rien à faire, c’est une prison avec une très belle vue, estime l’astronaute. Il faut pouvoir résister à ça. » Ce qui « sauve », c’est la masse de travail, mais aussi et surtout « le contact avec les proches », que les astronautes peuvent avoir en visio une fois par semaine.

On peut croiser Thomas Pesquet au Leclerc

A peine revenu sur Terre, Thomas Pesquet a déjà la tête sur d’autres planètes. « L’idée c’est de retourner sur la Lune, mais de manière plus durable. Et une fois qu’on aura fait ça, on ira faire la même chose sur Mars », a-t-il assuré. « Poser le pied sur la Lune, c’est ce qu’il y a de plus excitant. »

Mais avant de repartir, Thomas Pesquet va passer quelques mois sur Terre. S’il assure que sa vie à lui « n’a pas changé », il reconnaît que tout n’est pas comme avant. « La perception des gens a changé. Ça change un peu la vie d’une manière que je n’avais pas anticipée. Maintenant quand je vais faire mes courses chez Leclerc, les gens me reconnaissent et me disent : "vous faites vos courses chez Leclerc ? !" ».

« On a vu des pays entiers couverts de fumée et de cendre »

L’astronaute français qui a vu la Terre sous toutes ses coutures depuis la station ISS a évoqué les événements météorologiques, dont il a été témoin, liés en partie au réchauffement climatique. « J’ai vu des incendies. Parfois, on voyait les flammes à l’œil nu depuis la station spatiale. On a vu des pays entiers couverts de fumée et de cendre. C’était douloureux », se rappelle-t-il.

Thomas Pesquet est également revenu sur son rôle en tant que commandant de bord sur la station spatiale. « Quand tout se passe bien, on est juste là pour mettre de l’huile dans les rouages », mais dans les situations d’urgence, « il faut répondre de manière rapide ». C’est par exemple ce qu’il a dû faire lorsque l’ISS a perdu un peu d’altitude. « On a perdu le contrôle d’orientation de la station et la communication avec le centre contrôle au sol », explique-t-il assurant avoir ensuite récupéré rapidement l’orientation.

Et pour ceux qui rêvent de marcher dans les pas de Thomas Pesquet, sachez que ce dernier participe au processus de recrutement en cours à l'Agence spatiale européenne (ESA). Conseils aux potentiels candidats : « La patience, la communication, c’est ça qui compte au jour le jour dans la station ». Grande nouveauté, les recrutements sont aussi ouverts aux personnes avec des handicaps. « Il faut être inclusif. Il va y avoir du travail pour adapter la manière dont on fait les vols spatiaux. Ça va être passionnant à suivre », assure-t-il.