Espace : Le retour des Américains sur la Lune repoussé « au plus tôt » à 2025

CALENDRIER LUNAIRE Selon la Nasa, la date de 2024 fixée par l’administration de Donald Trump n’était pas « techniquement faisable »

20 Minutes avec AFP
La statue de la liberté avec en toile de fond la lune, à New York le 8 novembre 2021.
La statue de la liberté avec en toile de fond la lune, à New York le 8 novembre 2021. — John Angelillo/UPI//SIPA

Il va falloir entendre un peu plus de temps que prévu pour voir des humains sur la Lune. Le programme américain Artémis, qui vise à retourner sur notre satellite, a en effet été retardé de 2024 à 2025 « au plus tôt », a annoncé mardi la Nasa.

La date de 2024 avait été fixée par le gouvernement de Donald Trump mais était largement considérée comme étant quasi-impossible à tenir. Ce retard était donc relativement attendu, mais c’est la première fois que la Nasa le reconnaît officiellement.

La Nasa critique le manque de fonds

L’agence spatiale américaine attendait notamment la résolution d’un litige judiciaire concernant le développement du futur alunisseur pour annoncer un nouveau calendrier. « Nous avons perdu près de sept mois en contentieux, et cela a probablement repoussé le premier atterrissage d’humains à 2025 au plus tôt », a déclaré le patron de la Nasa​, Bill Nelson. Toutefois « il y a d’autres raisons », a-t-il ajouté. La date de 2024 fixée par l’administration précédente n’était pas « techniquement faisable ». Bill Nelson a également critiqué le manque de fonds attribués par le Congrès ces dernières années pour le développement de l’alunisseur.

Cette mission, qui doit emmener la première femme sur le sol lunaire, est nommée Artémis 3. Bill Nelson a par ailleurs annoncé que la mission Artémis 2, qui sera la première du programme avec des astronautes à bord mais qui n’atterrira pas sur la Lune, avait désormais « une date potentielle de décollage en mai 2024 ». Cette deuxième mission, qui était précédemment annoncée pour 2023, « ira plus loin que n’importe quel humain s’est jamais rendu. Probablement près de 65.000 km au-delà de la Lune, puis reviendra sur Terre ». Artémis 1, la première mission test vers la Lune qui ne comportera, elle, pas d’astronaute à bord, est de son côté toujours prévue pour février 2022, comme annoncé récemment.

Une association avec SpaceX

Toutes ces missions utiliseront la nouvelle fusée géante de la Nasa, nommée SLS, qui devra propulser vers la Lune la capsule Orion. Elle est actuellement entièrement assemblée au centre spatial Kennedy en Floride, en attendant le décollage. Le coût du développement de la capsule, dans laquelle se trouveront les astronautes, a été augmenté de 6,7 milliards à 9,3 milliards jusqu’à Artémis 2, a déclaré Bill Nelson mardi.

Les astronautes devront ensuite être transférés à bord d’un alunisseur pour pouvoir atterrir sur la Lune et en repartir. La construction de celui-ci a été confiée à SpaceX. Nommé Starship, il est en cours de développement au Texas. Le travail entre la Nasa et SpaceX sur cet alunisseur avait dû être interrompu après que Blue Origin, qui était aussi en lice pour l’attribution de ce contrat phare, a porté plainte contre le choix de l’agence spatiale, estimant que le processus de sélection avait été inéquitable. Cette plainte a été rejetée la semaine dernière par un tribunal fédéral.