Etats-Unis : Joe Biden refait de la « terre des dinosaures » une zone protégée

PALÉONTOLOGIE Près de 10 % des dinosaures découverts dans le monde proviennent de cette région américaine

20 Minutes avec agences
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Fossile: illustration
Fossile: illustration — Del Baston/AP/SIPA

Les paléontologues américains sont soulagés. Des réserves riches en fossiles de dinosaures situées dans l’Utah (Etats-Unis), amputées par l’ex-président Donald Trump, sont de nouveau protégées. Les squelettes de tricératops vont donc continuer à reposer tranquillement en attendant d’être découverts.

Joe Biden est revenu ce vendredi sur une décision de son prédécesseur. Fin 2017, Trump avait redéfini trois zones protégées, dont deux dans l’Utah, pour rendre une partie des terres disponibles à des usages commerciaux. Des défenseurs de l’environnement, des tribus autochtones et de nombreux chercheurs s’étaient élevés contre mesure.

Une région exceptionnelle

En l’annulant, Joe Biden a notamment restauré le site national de Grand Staircase-Escalante à ses dimensions initiales, soit 7.500 km² au lieu de 4.000. « Grand Staircase a une renommée mondiale, a réagi Jim Kirkland, un paléontologue. Ils avaient exclu des zones qui me sont chères, que j’avais découvertes. Je craignais qu’elles ne soient abîmées. »

Près de 10 % des dinosaures découverts dans le monde viennent de l’Utah, précise le paléontologue qui a notamment découvert le Utahraptor dans les années 1990. Pour les experts, peu de régions arrivent à la cheville de ces montagnes rocheuses aux dégradés ocres et roses. Pendant le Crétacé supérieur (il y a 100 à 66 millions d’années), juste avant l’extinction des dinosaures, toutes sortes d’animaux s’y côtoyaient.

Les ressources minières posent problème

La diversité, l’abondance des os enfouis dans la région et la qualité de leur préservation ne cessent d’émerveiller les chercheurs. Pour définir avec précision une nouvelle espèce, quelques vertèbres éparses ne suffisent pas. Il faut différentes parties du squelette, et plusieurs spécimens, si possible d’âges différents.

Mais le terrain est aussi riche en ressources minières, comme le charbon. Et tout cet espace intéresse aussi les éleveurs ou encore l’industrie du tourisme. Selon Joe Sertich, un autre paléontologue, différents intérêts peuvent cohabiter mais la classification des terres comme « publiques » au lieu de « protégées » met de nombreuses ressources en danger. « Quand vous exploitez une mine de charbon, […] beaucoup de fossiles sont perdus à jamais », remarque-t-il.

« À chaque fois qu’on passe deux semaines sur le terrain, on trouve une ou deux nouvelles espèces. C’est sans comparaison avec tout autre endroit dans le monde, ajoute Joe Sertich. À ce stade, nous avons nommé une douzaine de nouveaux dinosaures. Et dans des labos comme celui-ci, nous travaillons sur 10 à 15 nouvelles espèces issues de Grand Staircase. »