Espace : La zone de lancement de la future Ariane 6 inaugurée à Kourou

FUSÉE Le premier vol d’Ariane 6 aura lieu au deuxième trimestre 2022

20 Minutes avec agences
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Un décollage de la fusée Ariane 5 en 2016.
Un décollage de la fusée Ariane 5 en 2016. — Stephane Corvaja/ESA/SIPA

Le vol inaugural d’Ariane 6 depuis le centre spatial de Kourou aura bien lieu au « deuxième trimestre 2022 », a confirmé mardi l’Agence spatiale européenne lors de l’inauguration devant la presse à Kourou (Guyane) de l’ensemble de lancement de la future fusée.

« Notre priorité au quotidien, c’est de tenir le planning pour 2022 », a déclaré Philippe Baptiste, président-directeur général du Centre national des études spatiales (CNES) devant 150 personnes dont le ministre français des Outre-mer Sébastien Lecornu.

Huit ans de travaux

Impacté par la pandémie de Covid-19, le chantier s’est achevé après huit années de travaux titanesques, dont la construction du portique de lancement (une « cathédrale » mobile de 8.500 tonnes et haute de 90 mètres qui disposera le lanceur lourd européen sur son pas de tir), ou le dispositif de « déluge d’eau ». Ce dernier arrosera les infrastructures au sol soumises à des températures de 3.000 degrés au décollage.

Le programme Ariane 6 avait été décidé en Conseil ministériel de l’Agence spatiale européenne (ESA) le 2 décembre 2014 pour faire évoluer le modèle Ariane 5. Ce programme européen s’élève à 700 millions d’euros et est porté par treize pays membres. Pour le CNES, la nouvelle base de lancement permettra « la réduction des coûts de lancement » pour « la compétitivité des futurs lanceurs européens, tout en garantissant un accès autonome à l’espace pour l’Europe ».

Objectif : 12 lancements par an

Les préparations d’assemblage et de vérifications dans l’ELA 4 nécessiteront « dix jours de campagne contre 30 actuellement », a expliqué Stéphane Israël, le président d’Arianespace, qui espère une cadence à terme de « douze lancements d’Ariane 6 par an ». « Le projet Ariane 6 est extraordinaire et porte des enjeux colossaux comme le déploiement d’internet haut-débit » sur la planète, souligné le président du CNES.

Face au nord-américain Space X, « nous serons au rendez-vous », a promis Daniel Neuenschwander, directeur du transport spatial à l’ESA. « On voit quelques angoisses ici ou là jaillir à l’occasion du passage de l’Ariane 5 à l’Ariane 6 », a commenté Sébastien Lecornu. Le ministre des Outre-mer a fustigé ce « bashing qui consisterait à dire qu’Ariane 6 est déjà morte avant d’être née ». Arianegroup avait annoncé il y a quelques jours la suppression de 600 postes en France en Allemagne d’ici la fin 2022 pour « regagner en compétitivité ».