En France, la recherche sur les cellules souches embryonnaires est toujours interdite

MEDECINE Elle n'est autorisée que dans de rares cas très encadrés...

Julien Ménielle

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Le document fait la liste de toutes les techniques biomédicales qu'il juge "illicites", de la fécondation in vitro au clonage ou à l'utilisation de cellules souches embryonnaires pour soigner ou fabriquer des vaccins, en passant par la pilule du lendemain.
Le document fait la liste de toutes les techniques biomédicales qu'il juge "illicites", de la fécondation in vitro au clonage ou à l'utilisation de cellules souches embryonnaires pour soigner ou fabriquer des vaccins, en passant par la pilule du lendemain. — Mauricio Lima AFP

Aux Etats-Unis, Barack Obama a autorisé, ce lundi, l'Etat à financer la recherche sur les cellules souches embryonnaires. 20minutes.fr fait le point sur la situation du secteur en France.

Que dit la loi?
En France, la recherche sur les embryons humains et leurs cellules souches est interdite par les loi de bioéthique de 1994. Cette loi est réexaminée tous les 5 ans. En 2004, il a été décidé d'autoriser des dérogations pour des recherches «susceptibles de permettre des progrès thérapeutiques majeurs» et s’il n’existe pas de «méthode alternative d’efficacité comparable». Des dérogations qui s'avèrent contraignantes. Ainsi Samir Hamamah, chercheur au CHU de Montpellier racontait récemment à 20minutes.fr qu'il lui avait fallu fournir plus de 17.000 pages de dossier pour obtenir ses quatre autorisations de recherches. Entre 2004 et 2008, 57 dérogations ont été autorisatiées.

Cela peut-il changer?
Oui, à l'occasion du réexamen de la loi, qui aura lieu fin 2009. Avant ça, se tiendront les Etats généraux de la bioéthique, «des débats publics avec des jurys citoyens, des comités scientifiques», explique le porte-parole de l'événement à 20minutes.fr. L'objectif: «nourrir le débat pour préparer la loi». A charge, ensuite, au Parlement de trancher, pour les cinq années à venir.

>>> Le programme des forums citoyens sur le sujet, c'est par ici.

Quelle est la tendance de fond? Une légalisation de cette recherche est-elle envisageable?

Parmi les organismes chargés de préparer la révision de la loi, deux ont déjà rendu des rapports allant dans ce sens. Se portant garante du «respect absolu» de l'embryon, la directrice générale de l'Agence de la biomédecine a jugé en novembre dernier «essentiel de préserver la recherche sur l'embryon». De son côté, l'Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a même appelé à «simplifier les démarches administratives imposées aux chercheurs», estimant que «la loi doit dire clairement que la recherche sur l'embryon est autorisée».

Les recherches autorisées sur les cellules souches embryonnaires en France
Vingt-huit équipes les pratiquent.
On distingue trois types d'autorisataions:
Celles qui visent à comprendre de quelles façons se transforment les cellules embryonnaires pour devenir les cellules spécialisées des organes (foie, rein, pancreas etc.). Ces travaux pourraient permettre de développer des traitements palliant les défaillances des organes (thérapie cellulaire)
Celles qui visent à comprendre la survenue des maladies
Celles qui servent à tester en laboratoire l’efficacité et la toxicité des médicaments.