« L’homme dragon » pourrait être une nouvelle espèce humaine, selon des chercheurs

PALÉONTOLOGIE Les paléontologues ne sont pas tous d’accord sur la place dans l’arbre généalogique humain que doit occuper le crâne découvert il y a 90 ans

20 Minutes avec agence
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Un crâne humain. Illustration.
Un crâne humain. Illustration. — Peter Dargatz / Pixabay

Des paléontologues chinois ont affirmé avoir découvert une nouvelle espèce humaine qu’ils ont baptisée Homo longi, soit « homme dragon » en français. Ces individus vivaient pendant l’ère géologique du Pléistocène moyen, il y a plus de 146.000 ans, ont estimé Qiang Ji et son équipe dans une étude publiée le 25 juin dans The Innovation. Pour les auteurs, l’Homo longi est encore plus proche des humains que ne l’étaient les Néandertaliens.

Cette théorie n’est cependant pas partagée par l’ensemble de la communauté scientifique. Certains spécialistes ont estimé que le crâne sur lequel se sont appuyés les Chinois pour leur étude n’a pas forcément dans l’arbre généalogique de l’Humanité la place que lui ont attribuée les chercheurs. Ils ont également remis en cause le fait que l’Homo longi constitue une nouvelle espèce.

« Un crâne magnifique »

Ces détracteurs accordent malgré tout une grande importance au crâne étudié par les paléontologues, explique le magazine Science. Ils ont en effet émis l’hypothèse que la dépouille soit celle d’un Homme de Denisova, dont les scientifiques n’ont découvert l’existence que grâce à une analyse ADN. « C’est un crâne magnifique », a commenté le paléoanthropologue Jean-Jacques Hublin, qui n’a pas participé à l’étude.

« Je pense que c’est le plus beau crâne de Dénisovien que nous aurons jamais à notre disposition », s’est-il réjoui. Les ossements ont été mis au jour il y a presque 90 ans lors de la construction d’un pont sur la rivière Songhua à Harbin (Chine). Des soldats de l’armée japonaise occupant la région avaient forcé un Chinois à les aider pour les travaux. Pendant que les surveillants ne regardaient pas, l’homme avait trouvé le crâne sur la rive.

Il l’avait enroulé dans du tissu et dissimulé dans un puits. Le crâne a été transmis aux scientifiques par les petits-enfants du travailleur forcé, qui leur en avait révélé l’existence sur son lit de mort. Le Chinois est décédé avant d’avoir pu donner des précisions sur le lieu exact de sa découverte.