Des cellules spécifiques du cerveau permettent un « voyage temporel mental », d’après une étude

NEUROLOGIE Qu’on leur demande ou pas de se souvenir d’images qu’on allait leur montrer, les participants à une étude ont présenté la même activité cérébrale, montrant l’existence d’un processus autonome

20 Minutes avec agence
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Images d'IRM d'un cerveau.
Images d'IRM d'un cerveau. — DURAND FLORENCE/SIPA

Des chercheurs ont découvert que le cerveau humain était capable d’effectuer de manière autonome un voyage mental dans le temps. Il met pour cela à contribution les neurones hippocampiques qui enregistrent des séquences passées. Ces cellules permettent « la représentation d’un flux temporel interne ou intrinsèque qui ne dépend pas d’un élément venu du monde extérieur », a expliqué la neuroscientifique Leila Reddy à Vice.

Elle est l’auteure principale d’une étude sur le sujet publiée ce lundi dans Journal of Neuroscience. Les travaux ont montré que le fonctionnement sans stimulation des neurones hippocampiques donne au cerveau la capacité d’encoder des évènements dans l’ordre chronologique de leur survenue. Ces véritables « cellules temporelles » permettent ensuite la création de souvenirs temporellement conformes à l’élément original.

L’activité cérébrale de sujets a été analysée

Pour arriver à leurs conclusions, les spécialistes du Centre de Recherche Cerveau et Cognition (CerCo) de Toulouse ont analysé l’activité cérébrale de sujets en train d’effectuer des tâches faisant appel à la mémoire séquentielle. Les participants avaient pour consigne de mémoriser les images à venir. D’autres volontaires n’ayant reçu aucune indication présentaient le même fonctionnement des cellules du cerveau.

Les scientifiques en ont déduit que l’hippocampe humain était doté par défaut d’une « robuste représentation du temps ». Les moments auxquels le cerveau des sujets a permis aux experts d’établir que le phénomène pourrait résulter de la mise en action de séquences internes automatiques.

Outre une meilleure compréhension de ce voyage cérébral dans le temps chez les humains, l’étude pourrait fournir des pistes concernant la prise en charge des patients souffrant de certains troubles neurologiques. C’est par exemple le cas des pathologies entraînant des difficultés à se repérer dans le temps ou à se remémorer des événements.