Les robots C-3PO, R2-D2 ou Iron Man existeront-ils vraiment un jour ?

ROBOTIQUE A l’occasion d’une conférence diffusée jeudi sur YouTube, « 20 Minutes » a questionné un expert en robotique sur l’éventualité que ces héros de science-fiction prennent vie

Nicolas Bonzom

— 

R2D2 et C3PO, héros de Star Wars
R2D2 et C3PO, héros de Star Wars — Jonathan Short/AP/SIPA
  • Jeudi, l’association montpelliéraine Science Animation donnera la parole, dans une conférence diffusée sur YouTube, à des experts, qui décortiqueront les robots stars de la science-fiction.
  • C-3PO, R2-D2 ou Iron Man existeront-ils un jour ? Pourquoi pas. Mais certaines fonctionnalités vont demander encore beaucoup de boulot aux chercheurs.
  • Les robots sont aujourd’hui capables d’effectuer des missions simples, mais ne peuvent pas encore prendre des initiatives ou exprimer des émotions.

Et si les robots imaginés par les maîtres de la science-fiction devenaient réalité ? Jeudi (19 heures), en direct sur Youtube, l’association Science Animation donnera la parole à des experts de la robotique, qui décortiqueront les machines popularisées par le cinéma et les séries : Iron Man, C-3PO, R2-D2, Wall-E… Histoire de vous mettre l’huile à la bouche, 20 Minutes a demandé à Vincent Creuze, maître de conférences et chercheur au laboratoire d’informatique, de robotique et de microélectronique de Montpellier (Lirmm), de se pencher sur l’éventualité que ces machines prennent vie.

La réponse est… « Pourquoi pas ». Mais certaines fonctionnalités phares de ces héros, qui font leur charme (et leur force), vont demander encore beaucoup de boulot aux chercheurs. D’abord, ce qui existe déjà (ou presque). Si nos smartphones ne maîtrisent pas des millions de formes de communication comme s’en vante souvent C-3PO, dans Star Wars, les applications de traduction permettent de sortir plus d’un touriste de la panade, à l’étranger. « C’est la même chose », pointe Vincent Creuze.

« Aujourd’hui, les machines ne pensent pas »

Et quand R2-D2 effectue des missions de mécanique simples, c’est aussi possible. « Un robot qui sait conduire une voiture, par exemple, on sait faire, poursuit le chercheur. Au Lirmm, des collègues ont créé un robot capable de se mettre au volant, d’appuyer sur la pédale de frein ou l’embrayage. » L’armée de Terre a d’ailleurs mis en avant, mardi, sur Twitter, un robot, baptisé Barakuda, capable de transporter une tonne de matériel, et qui peut même être équipé d’un bouclier. On n’est pas très loin de certaines fonctionnalités basiques du petit robot, qui accompagne Luke Skywalker dans ses aventures.

Et il y a ce qui n’est pas possible, actuellement. « Dans Iron Man, l’armure prend des initiatives, anticipe, réfléchit, note Vincent Creuze. Aujourd’hui, les machines ne pensent pas. Elles ne font qu’exécuter des tâches prévues, leurs comportements sont planifiés. Et même lorsqu’il s’agit d’ intelligence artificielle : une fois que la machine a, par exemple, reconnu un objet, elle ne prend pas de décision toute seule. » Alors les scènes, dans Star Wars, où l’on voit des robots discuter entre eux pour élaborer une stratégie, c’est pas demain la veille. « Que l’on croise un jour des robots de ce type, comme C3-PO, marcher dans la rue, sans aucun doute, poursuit le chercheur. Mais qu’ils soient capables de prendre eux-mêmes des initiatives, cela prendra encore un certain temps. »

Iron Man
Iron Man - SOPA Images/SIPA

« Le robot peut seulement simuler une émotion »

Les robots qui existent aujourd’hui ne sont pas non plus capables de ressentir et d’exprimer une quelconque émotion. La joie chez R2-D2, qui trépigne sur place, la peur chez C3-PO, ça n’existe pas. « Le robot peut seulement simuler une émotion », poursuit le chercheur. Comme les enceintes connectées, « programmées pour donner l’impression qu’elles ont une certaine sensibilité ». Mais « une émotion réelle, un attachement à son maître, cela ne peut pas exister aujourd’hui », note Vincent Creuze. 

Autre problème : leur autonomie. « Les robots humanoïdes, aujourd’hui, tiennent environ vingt minutes, explique l’expert montpelliérain. S’il fallait que ce soit plus long, il faudrait qu’ils portent leurs propres batteries. Et là, on rentre dans un cercle vicieux : plus ils vont porter des batteries lourdes, plus cela va consommer de l’énergie. »

Un futur pour les robots humanoïdes ?

Il y a, enfin, une limite à la création d’humanoïdes : parfois, mettre des yeux, des bras et des jambes à une machine, cela ne sert à rien dans la vraie vie. Alors que dans les films, c’est (presque) à chaque fois le cas. Au cinéma, « on voit parfois des robots fabriquer d’autres robots dans des usines, relève Vincent Creuze. Cela n’a pas de sens. On va plutôt installer des bras robotisés, plus rapides et précis. Dans l’environnement sous-marin industriel, par exemple, certaines vannes sont manipulables par de gros robots. On ne va pas s’embêter à créer des robots humanoïdes. »

En revanche, pour assister une personne âgée chez elle, parce qu’il y a des escaliers à monter, des boutons, des poignées… Et parce qu’elle sera mieux acceptée, créer une machine humanoïde a du sens. Alors C3-PO chez Mamie, oui. Mais avant qu’il papote avec elle du dernier épisode de Plus belle la vie, il y a encore du travail.