Perseverance : Bourdonnante, la première bande originale d’un vol sur Mars est disponible

AIR MARS Contre toute attente, le microphone du rover Perseverance, conçu à Toulouse, a pu enregistrer le bruit émis par le petit hélicoptère Ingenuity lors de son premier vol sur Mars.

Hélène Ménal
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Un selfie du Rover Perseverance à côté du petit hélicoptère Ingenuity.
Un selfie du Rover Perseverance à côté du petit hélicoptère Ingenuity. — Nasa-UPI-Sipa
  • Le micro, de fabrication toulousaine, du rover Perseverance a pu enregistrer le bruit des pales du drone martien Ingenuity.
  • Etant donné la faible densité de l’atmosphère martienne, les scientifiques n’en attendaient pas tant.

Ce bourdonnement qu’il faut tendre l’oreille pour percevoir est « une mine d’or » pour les scientifiques. Le 1er mai, le microphone du rover martien Perseverance a pu capter le son des pales du petit hélicoptère Ingenuity lors de son quatrième vol sur la Planète rouge. L’enregistrement a été rendu public le vendredi 9 mai par la Nasa et, à Toulouse, pour les chercheurs de l’Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace (ISAE-SUPAERO) qui ont mis au point le microphone sous la houlette du Cnes, cette bande originale, constitue « une grande surprise ». D’autant que le drone était à 80 mètres du rover au moment de son décollage.

« Les tests effectués dans un simulateur d’atmosphère martienne pour concevoir cet instrument et nos théories de la propagation du son nous indiquaient que le micro capterait très difficilement les sons de l’hélicoptère, explique Naomi Murdoch, la chercheuse chargée d’analyser les données sonores à l’ISAE-SUPAERO. L’atmosphère de Mars, très peu dense [équivalente à seulement 1 % de l’atmosphère terrestre], atténue fortement la transmission des sons. Nous devions avoir un peu de chance pour enregistrer l’hélicoptère à une telle distance ».

Un « mi » de piano

La chance a donc été au rendez-vous pour livrer ce bruit de fond d’une fréquence de 84 hertz, ce qui équivaut selon les spécialistes « au "mi" grave d’un piano ou à une voix de basse humaine », ouvrant de nouvelles perspectives sur la connaissance de l’atmosphère martienne.

Le micro est implanté sur l’instrument franco-américain SuperCam, dont les yeux lasers fragmentent les roches martiennes, le son associé permettant de mieux les caractériser. Cette « oreille spatiale » a été mise en service pour la première fois quelques heures après « l’atterrissage » de Perseverance et a déjà donné à entendre pour la première fois les turbulences et vents qui agitent la Planète rouge.