Finistère : La plus ancienne carte d’un territoire en Europe découverte sur une dalle gravée

HISTOIRE Datant de l’âge du bronze, la carte représente une partie des montagnes Noires en Bretagne

J.G. avec AFP

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Datant de l’âge du bronze, la carte représente une partie des montagnes Noires en Bretagne.
Datant de l’âge du bronze, la carte représente une partie des montagnes Noires en Bretagne. — HANDOUT / ARCHIVES DEPARTEMENTALES DU FINISTERE / AFP
  • La plus ancienne carte d’un territoire en Europe a été mise au jour dans le Finistère.
  • Elle était gravée sur une dalle découverte en 1900 dans un tumulus et tombé dans l’oubli.
  • Les chercheurs vont désormais essayer de décrypter les symboles gravés sur cette carte pour en connaître la légende.

Elle a été découverte en 1900 mais ce n’est qu’aujourd’hui qu’elle livre ses secrets. La dalle gravée de Saint-Bélec dans le Finistère est bien la plus ancienne carte d’un territoire en Europe, selon une étude publiée mercredi dans le Bulletin de la société préhistorique française. « On a bien affaire à une carte qui représente un territoire de l’âge du bronze ancien (2150-1600 avant notre ère) et qui correspond à une partie des Montagnes noires », souligne Yvan Pailler, archéologue de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) et l’un des auteurs de l’étude.

« Actuellement, c’est la plus ancienne carte d’un territoire en Europe », assure-t-il, précisant qu’il existait des plans ou des cartes de villages ou de campements plus anciens, mais pas de territoires. « On voit sur cette dalle un enchevêtrement de gravures qui de prime abord semblent complètement hermétiques à l’œil humain et à l’entendement humain », décrit-il. « Il faut vraiment prendre le temps pour commencer à voir une véritable organisation et une structuration de ces motifs, qui sont tous liés entre eux par des lignes », poursuit le chercheur.

Les symboles gravés restent un mystère

Mise au jour en 1900 dans un tumulus et tombée dans l’oubli pendant un siècle, cette dalle a récemment été redécouverte au Musée d'archéologie nationale. A partir de 2017, la topographie de cette dalle en schiste d’origine locale, mesurant 2,20 mètres de long par 1,53 mètre de large et pesant une tonne, a commencé à être étudiée, tout comme la morphologie, la technologie et la chronologie des gravures.

Cupules rondes et ovales, lignes droites ou courbes, carrés, cercles, ovales, motifs piriformes, les motifs sont nombreux sur cette dalle représentant un territoire d’environ 30 kilomètres de long et 21 de large et pouvant figurer « le territoire d’une entité politique fortement hiérarchisée », précise un communiqué conjoint de l’Inrap, l’UBO, l’université britannique de Bournemouth (Angleterre) et le CNRS.

« Si on arrivait à décrypter ce que veulent dire ces symboles, on aurait la légende de la carte », souligne Yvan Pailler, estimant que la découverte de cette carte soulevait « plein de questions ». « Est-ce que l’on peut parler encore de sociétés sans écriture et donc de pré ou protohistoire à partir du moment où l’on réalise une carte avec une légende ? », s’interroge-t-il.