L’Homme de Néandertal a disparu « bien plus tôt que suggéré auparavant », selon une étude

ARCHÉOLOGIE Une nouvelle méthode de datation a permis de donner un âge plus précis – et plus ancien – à des ossements retrouvés en Belgique

20 Minutes avec agences

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Fouilles archéologiques (illustration).
Fouilles archéologiques (illustration). — VALINCO/SIPA

Quand a disparu l’Homme de Néandertal ? Cette importante question scientifique pourrait avoir une réponse plus précise grâce à la découverte de restes humains dans la grotte de Spy en Belgique, analysés grâce une nouvelle technique.

Selon de précédentes datations par radiocarbone, les restes retrouvés dans cette grotte remontaient à seulement 24.000 ans. Mais selon une étude publiée ce lundi dans la revue scientifique Pnas, ils sont en fait vieux d’entre 44.200 et 40.600 années.

Une méthode pour analyser le collagène

Une équipe de scientifiques belges, britanniques et allemands ont développé une nouvelle méthode pour préparer les échantillons en évitant toute contamination extérieure. La méthode s’appuie toujours sur le radiocarbone, considéré comme la meilleure méthode de datation, mais améliore la façon dont les échantillons sont traités.

Tous les êtres vivants absorbent du carbone, dont du carbone 14, qui se désintègre avec le temps. Ils arrêtent d’en absorber quand ils meurent, et ce qu’il reste dans la matière permet de déterminer à quel moment cet être a vécu. Pour les ossements, les scientifiques extraient la partie faite de collagène pour l’analyser, car elle est organique.

Les chercheurs se sont donc concentrés sur des molécules, les acides aminés, dont ils étaient absolument certains qu’elles faisaient partie du collagène. « Ce que nous avons fait va plus loin », explique Thibaut Deviese, coauteur de l’étude, précisant que leur méthode exclut toute contamination des échantillons.

Une datation « cruciale » pour comprendre les Néandertaliens

L’Homme de Néandertal a disparu « bien plus tôt que suggéré auparavant », conclut ainsi l’étude. Avoir une meilleure idée du moment où il a disparu est un premier pas important pour mieux comprendre sa nature et pourquoi il a finalement laissé la place à l’Homme moderne.

Des preuves existent qu’il a pu survivre plus longtemps dans d’autres régions qu’en Belgique, note l’étude. « La datation est cruciale en archéologie », explique Thibaut Deviese. « Sans un cadre fiable de la chronologie, on ne peut être sûrs de comprendre les relations entre le Néandertalien et l’Homo sapiens. »

Certains outils en pierre ont déjà été attribués aux Néandertaliens, signe de leur développement cognitif. Or, s’ils n’ont pas existé aussi longtemps que prévu, ces objets doivent être réexaminés pour déterminer s’ils étaient vraiment leur œuvre. La disparition du Néandertal pourrait être liée à des causes climatiques, une trop grande consanguinité ou à la compétition entre espèces, rappelle l’étude.