C’est une comète qui aurait causé l’extinction des dinosaures et non pas un astéroïde

NOUVELLE THÉORIE La fréquence d’impact des comètes est en effet plus grande si on prend en compte le fait que celles-ci s’éclatent en plusieurs fragments

20 Minutes avec agences

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Vue d'artiste de l'impact survenu il y a 65 millions d'années ayant causé le cratère de Chicxulub et sans doute provoqué l'extinction des dinosaures.
Vue d'artiste de l'impact survenu il y a 65 millions d'années ayant causé le cratère de Chicxulub et sans doute provoqué l'extinction des dinosaures. — D.DAVIS/CAMBRIDGE PRESS

Il y a 66 millions d’années, un immense objet a frappé la Terre, provoquant l’extinction d’une majorité de la vie, dont celle des dinosaures. On pensait jusqu’ici que cet objet était un astéroïde, mais une nouvelle étude soutient une théorie différente.

Il se serait en réalité agi d’un fragment de comète, venue des confins du système solaire. Grand d’environ 7 km, ce morceau serait issu de l’explosion d’une comète en provenance du nuage d’Oort, un « nuage de débris » situé à la limite du système solaire, selon l’étude publiée ce lundi dans la revue Scientific Reports.

Des comètes éclatées à proximité du Soleil

Avant de venir s’écraser sur Terre, cette comète aurait été poussée vers le Soleil par l’attraction gravitationnelle de Jupiter. La plus grosse planète de notre système aurait agi comme un « flipper », renvoyant la comète sur « des orbites la rapprochant très près du Soleil », explique Amir Siraj, auteur principal de l’étude et étudiant en astrophysique à Harvard.

Face à l’immense force d’attraction du Soleil, les comètes les plus grosses auraient éclaté « en plus de 1.000 fragments », selon l’astrophysicien. Chacun des fragments, dont l’un d’entre eux aurait été catapulté vers la Terre, aurait été « potentiellement assez grand pour causer un événement comme celui ayant tué les dinosaures ».

Une fréquence d’impact plus élevée pour les comètes

Jusqu’alors, la théorie la plus populaire était que l’objet responsable de l’extinction des dinosaures provenait de la ceinture principale d’astéroïdes, située entre Mars et Jupiter. Mais selon Avi Loeb, coauteur de l’étude et professeur à Harvard, la fréquence à laquelle ces astéroïdes peuvent frapper la Terre est « au moins dix fois trop faible » pour expliquer l’impact.

« Les astéroïdes ont une fréquence d’impact légèrement plus élevée [que les comètes], donc ils sont favorisés » pour expliquer la disparition des dinosaures, note Amir Siraj. Mais l’explosion des comètes multiplie le nombre d’objets volants. « Potentiellement, des fragments de comètes encore plus massives (…) peuvent expliquer cette fréquence », selon les chercheurs.

Etudier l’impact de futures comètes et astéroïdes

Un autre indice va dans leur sens : le cratère de l’impact a été causé par un objet composé de chondrite carbonée. Or seuls environ 10 % des astéroïdes en ont, alors que les comètes en comporteraient plus largement. En 2022, le nouveau télescope de l’observatoire Vera Rubin au Chili devrait permettre d’observer l’attraction gravitationnelle sur les comètes.

Une opportunité qui enthousiasme les deux chercheurs de l’étude. Cela « sera extrêmement important pour faire des prévisions sur les 100 prochaines années, pour savoir si quelque chose de fâcheux pourrait nous arriver ». Selon eux, un fragment de comète pourrait frapper la Terre à une fréquence de plusieurs centaines de millions d’années.

Pas de menace à court terme, donc, notamment comparé aux astéroïdes. Toutefois, nuance Avi Loeb, « il s’agit d’une statistique ». « Vous ne savez jamais quand la prochaine arrivera », conclut-il.