Les souris transmettent leur tendance à la dépression à leurs petits, mais pas de manière génétique

ÉTUDE Des souris mâles rendues dépressives ont transmis à leur descendance une plus forte tendance à la dépression face au stress via des ARN non codants

20 Minutes avec agence

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Souris de laboratoire, illustration.
Souris de laboratoire, illustration. — ROBERT F. BUKATY/AP/SIPA

Des chercheurs chinois ont mis en évidence le caractère héréditaire de certaines maladies mentales ou états psychologiques chez les souris. C’est notamment le cas de la dépression et du stress.

Les scientifiques n’ont relevé aucune trace de transmission génétique de ces troubles, expliquent-ils dans une étude publiée dans Science Advances ce mercredi. Ils ont cependant pointé du doigt le rôle de minuscules ARN non codants.  Ceux transmis au bébé via les spermatozoïdes permettent un transfert épigénétique de certains traits. Ils modifient l’expression des gènes sans en changer la séquence.

Une transmission par les ARN

Les chercheurs ont soumis des souris mâles à des conditions générant du stress afin de susciter chez eux un état dépressif. Ils ont constaté que la descendance de ces individus présentait une vulnérabilité à la dépression supérieure à la moyenne. Pour comprendre le mode de transmission, les spécialistes ont isolé les ARN des spermatozoïdes des mâles et les ont ajoutés à une cellule fécondée.

Cette dernière a été implantée dans une souris femelle qui a donné naissance à des petits eux aussi particulièrement sensibles au stress. Par recoupement, les chercheurs chinois ont même déterminé quels ARN transmettaient cette spécificité.

Cette découverte pourrait permettre « le développement d’un nouveau type d’antidépresseur », selon l’auteur principal de l’étude, cité par Technology Networks. « Des recherches supplémentaires doivent bien sûr être menées […] avant de nous approcher de la possibilité d’un médicament pour les humains. »