La France pose sa candidature pour le projet de radiotélescope géant OSKA

ASTRONOMIE Ce télescope géant permettra d'étudier les « âges sombres » de l’Univers, la formation des étoiles, l’évolution des galaxies, le magnétisme cosmique et les ondes gravitationnelles

20 Minutes avec agences

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Des antennes seront déployées en Afrique du Sud et en Australie (illustration).
Des antennes seront déployées en Afrique du Sud et en Australie (illustration). — Gallo Images / Rex Feat/REX/SIPA

Ce radiotélescope géant est appelé à révolutionner l’astronomie. La France a posé sa candidature pour participer au futur Observatoire SKA (OSKA), a indiqué dans un communiqué le ministère français de la Recherche. Cette demande est intervenue au cours de la première réunion mercredi et jeudi du conseil d’OSKA, une organisation rassemblant déjà sept pays, et dont le siège se trouve à l’observatoire de radioastronomie britannique de Jodrell Bank.

La France y avait déjà un statut d’observateur, à travers un consortium d’établissements publics de recherche, comme l’observatoire de Paris ou le CEA, et d’industriels, tels Air Liquide ou Thales, avec le CNRS en chef de file.

Deux installations géantes

L’OSKA a pour vocation d’observer l’Univers dans la gamme des ondes radio, invisibles à l’œil nu, à l’aide de deux installations colossales, en Afrique du Sud et en Australie. Dans la première, 64 antennes de 15 mètres de diamètre ont déjà été déployées, sur un total attendu de 197. Dans la deuxième, plus de 130.000 antennes de deux mètres de haut seront dressées au cœur du désert d’Australie occidentale.

Il faudra huit ans pour que l’installation soit complète. Mais les scientifiques recueilleront déjà des données d’ici quatre ou cinq ans, indique un communiqué de presse sur le site de l’OSKA.

Des observations et des données ultra-précises

L’observatoire permettra d’étudier, via ces ondes, les « âges sombres » de l’Univers, peu après le Big Bang. Il aidera aussi à tester les théories sur la présence de l’énergie noire et à étudier la formation des étoiles, l’évolution des galaxies, le magnétisme cosmique et les ondes gravitationnelles. Ces observations s’effectueront avec une précision et une sensibilité inédites, mais en générant aussi un flux de données « dépassant chaque année le trafic Internet mondial d’aujourd’hui et les besoins de stockage actuels de Facebook par exemple », selon un communiqué du CNRS.

Sept pays (Afrique du Sud, Australie, Chine, Italie, Pays-Bas, Portugal et Royaume Uni) sont déjà signataires de la convention établissant l’OSKA comme organisation intergouvernementale. Le budget de construction à partir de 2020 et de fonctionnement jusqu’en 2030 s’élève à plus d’1,9 milliard d’euros.