Station spatiale internationale : Les astronautes laissent une zone sale pour une expérience

BACTERIES L’objectif de l’expérience scientifique MatISS est d’étudier la façon dont les microbes se fixent et se répandent sur diverses surfaces mises au point par les chercheurs

20 Minutes avec agence
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La station spatiale internationale (ISS), à 400 kilomètres de la Terre.
La station spatiale internationale (ISS), à 400 kilomètres de la Terre. — RANDY BRESNIK / NASA / AFP

Dans le cadre d’essais organisés par le Centre national d’études spatiales (CNES), les occupants de l’ ISS s’abstiennent volontairement de nettoyer une zone spécifique de leur station. Il est en effet nécessaire que les astronautes laissent la saleté s’installer sur un ensemble d’échantillons de matériaux, explique SlashGear. Cette expérience a été baptisée MatISS, acronyme en anglais de « fixation d’aérosols microbiens sur des surfaces innovantes ».

L’objectif de ces travaux scientifiques est d’étudier « les mécanismes d’attachement des biofilms en situation de micropesanteur », a précisé le CNES sur son site Internet. Les surfaces testées « réagissent à l’approche de bactéries en les empêchant de se poser, de proliférer et de créer les biofilms qui les protègent dans un environnement hostile. »

La propagation de bactéries peut être dangereuse dans l’ISS

Ce sont ces surfaces qui ne sont pas concernées par l’opération de ménage et de désinfection que mènent les astronautes chaque samedi. Un nettoyage nécessaire car, à cause de l’air recyclé, les bactéries peuvent se développer et mettre en danger les occupants et le fonctionnement de l’ISS.

Ce phénomène a justement poussé les chercheurs à mettre en place l’expérience MatISS. Elle se déroule en trois étapes à bord de la station. Quatre échantillons de matériaux ont d’abord été placés pendant six mois à trois endroits différents du module-laboratoire Colombus. Trois types de matière ont ensuite été laissés dans un même emplacement à bord. La troisième phase était consacrée à l’observation de la propagation de la contamination sur des surfaces hydrophobes.

Des matériaux à utiliser dans les transports en commun ?

Les échantillons ont depuis été rapportés sur Terre pour être analysés. Les résultats de l’expérience pourraient permettre « de simplifier les opérations de décontamination afin de gagner du temps équipage », indique le CNES. Les éventuelles découvertes des scientifiques sont aussi susceptibles de constituer « de nouveaux atouts pour l’élaboration de futurs vaisseaux spatiaux, notamment dans l’optique de voyages lointains ».

Des applications dans nos vies quotidiennes sont également envisagées par les chercheurs. Certains matériaux étudiés pourraient par exemple être utilisés dans les transports en commun ou sur les boutons d’ascenseur.